Ibn Taïmiya et les kharijites (Partie 1)
par Karim Zentici
Il y a en effet un signe dans la vie des abeilles ! Qui leur a ordonné de construire les alvéoles en forme hexagonale, imperméable à l’air, sans outil ni ingénieur ! Qui leur a ordonné de construire leur demeure avant de butiner les fleurs ? Qui leur a ordonné de choisir leur demeure dans les montagnes, les arbres, les ruches et les constructions humaines ? Qui les guide dans une organisation aussi parfaite et qui ne tolère aucune anarchie, à tel point que quiconque convoite la place de la reine est immédiatement mis à mort ?
[Voir : Miftâh dâr e-sa’âda d’ibn el Qaïyim el Jawziya (2/165-167).]
Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !
Les kharijites sont des innovateurs
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a dit : « La bid’a (l’innovation ndt.)[1] par laquelle nous pouvons considérer que son auteur est un mubtadi’ (innovateur ndt.) correspond à toute initiative connue chez les savants traditionalistes pour être contraire au Coran et à la sunna à l’exemple de la bid’a des kharijites, des râfidhites, des qadarites, et des murjites. »[2]
Ibn Taïmiya affirme que les anciens étaient divisés sur le takfîr des kharijites. Si, selon l’opinion la plus probable et à laquelle adhère Ibn Taïmiya, ils restent des musulmans, il n’en demeure pas moins que les anciens sont unanimes à dire qu’il faut les combattre coûte que coûte.[3]
Quelle est la première innovation ?
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – précise à ce sujet : « Puis, à la fin du siècle des Compagnons, les qadaritesont fait leur apparition. Leur incapacité à appréhender correctement le Destin d’Allah et la foi à Ses Commandements (obligations/interdictions) est à l’origine de leur innovation… Auparavant, les kharijites se sont initiés sur la question du takfîr des auteurs des grands péchés dans la communauté musulmane qu’ils condamnent à l’Enfer éternel. La polémique a ensuite pris de l’ampleur pour s’étendre aux qadarites après la mort d’el Hasan el Basrî. ‘Amr ibn ‘Ubaïd et ses disciples assument qu’ils ne sont ni des musulmans ni des mécréants, mais qu’ils se trouvent à un état intermédiaire entre ces deux états (manzila baïna el manzilataïn) ; ils méritent, malgré tout, de demeurer éternellement en Enfer. En cela, ils rejoignent la croyance des kharijites disant qu’ils demeurent à jamais dans la Géhenne, et qu’ils n’ont aucun lien avec l’Islam et la foi (imân), bien qu’au même moment ils ne portent pas le nom de mécréants. »[4]
Chronologiquement, les murjites sont venus après les kharijites, mais aussi après les qadarites, mais avant les jahmites. Les premiers balbutiements de l’irjâ se firent ressentirent dans la deuxième partie du premier siècle, après la mort d’ibn el Ash’ath, en réaction au kharijisme, à la fin des années 70 plus exactement.[5] La plupart de ses premiers adeptes venaient de Kûfa, mais ils ne comptaient pas parmi les élèves d’ibn Mas’ûd ni de l’Imam Ibrahim e-Nakha’î.[6] Plus une innovation s’éloigne de l’époque des Compagnons plus celle-ci est grave.[7] Ibn Taïmiya explique que les premières innovations étaient plus en adéquation avec les religions juive et chrétienne, plus proches de l’Islam, que celles qui vinrent par la suite.[8]
Les caractéristiques des kharijites
Sheïkh el Islam explique que les kharijites se distinguent par deux caractéristiques :
1- Ils s’insurgent contre les textes et la sunna en inversant les valeurs ; leur père spirituel Dhû el Khuwaïsira e-Tamîmî en est le meilleur exemple, lui qui interpella le meilleur des hommes en ces termes : « Sois juste ! Tu n’as pas été juste.
- Malheur à toi, lui lança-t-il, qui peut se vanter d’être juste si je ne le suis pas. »[9]
2- Ils sortent dans un premier temps, les musulmans de l’Islam à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés. Puis, ils légitiment leurs biens et leur sang, et considèrent qu’ils ne vivent pas en terre d’Islam.[10]
Sheïkh el Islam explique : « Les Kharijites ont interprété certains Versets du Coran en fonction de leur croyance et ont considéré mécréante toute personne s’opposant à celle-ci. »[11]
« C'est pourquoi il faut prendre garde à ne pas taxer les musulmans d’apostasie à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés, car c’est la première innovation apparue dans l’Islam. Ces adeptes ont exclu les musulmans de la religion et ils se sont légitimés leurs biens et leur sang. »[12]
Il établit également à ce sujet : « À l’origine de leur égarement, nous pouvons constater que, dans un premier temps, ils sont convaincus que les grandes références de la religion et la communauté musulmane ne sont plus crédibles en raison de leur injustice. Ils les voient comme des égarés. Cette vision est caractéristique à tous les opposants à la sunna, parmi notamment les râfidhites. La deuxième étape consiste à faire passer ce qu’ils voient être de l’injustice pour de la mécréance. Puis, par rapport à ce statut, ils mettent en pratique certains principes qu’ils ont innovés. Voici les trois étapes par lesquelles passent ceux qui sortent de la religion (mâriqîn) parmi les harûrites et les râfidhites. »[13]
Ailleurs, il donne d’autres détails : « C’est pourquoi, l’un des principes traditionalistes invite à renoncer à prendre les armes contre les sultans, et à participer à des troubles, contrairement aux mu’tazilites, qui voient en cela, l’un des grands principes de leur religion. »[14]
Le takfîr des opposants et notamment des savants
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya affirme : « Bon nombre d’innovateurs à l’instar des kharijites, râfidhîtes, qadarites, jahmites, mumaththilites (assimilateurs) ont des croyances erronées qu’ils s’imaginent correspondre à la vérité, tout en considérant mécréant quiconque s’oppose à celles-ci. »[15]
Il a dit également : « Les « hérétiques » ont la particularité d’innover des tendances qu’ils considèrent comme les obligations de la religion, voir comme faisant partie intégrante de la foi ; ils taxent de mécréance et légitiment le sang de toute personne qui n’y adhère pas comme c’est le cas des kharijites, des jahmites, des râfidhîtes, des mu’tazilites, etc. À l’inverse, les traditionalistes n’innovent pas de nouvelles idées et ne condamnent pas d’apostasie ceux qui commettent une erreur d’interprétation ou qui sont en désaccord avec eux, bien qu’eux-mêmes se permettent de les condamner d’apostasie et de légitimer leur sang. Les Compagnons n’ont pas sorti les kharijites de la religion bien que ces derniers ont taxé d’apostasie ‘Uthmân, ‘Ali et tous ceux qui ont reconnu leur autorité (ou qui s’en font les alliés ndt.), et bien qu’ils aient légitimé de verser le sang des musulmans. »[16]
« L’une des pratiques les plus ignobles, c’est de voir les ignorants taxer les savants musulmans d’apostats. Une telle pratique vient à l’origine des kharijiteset des râfidhîtes qui condamnaient les responsables musulmans d’apostats. »[17]
Au cours des lignes où il réfute el Bakrî, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya fait le constat suivant : « La voie empruntée par cet homme et tous ceux qui lui ressemblent, est celle des innovateurs qui sont imprégnés à la fois de l’ignorance et de l’injustice. Dans un premier temps, ils innovent une chose allant à l’encontre des Textes du Coran, de la sunna, et du consensus. Ensuite, ils traitent d’apostats tous ceux qui s’opposent à leur innovation.
Quant aux traditionalistes, imprégnés par la foi et la connaissance, ils sont motivés par la science, la justice, et la compassion à l’égard des autres. Ils connaissent la vérité qui leur permet de se conformer au Coran et à la sunnaet de les préserver de la bid’a, mais ils sont justes à l’encontre de leurs opposants et ils ne font nullement preuve d’injustice à leur égard. »[18]
« Les kharijites kaffar la jamâ’a (les traditionalistes ou les musulmans, ou peut-être les Compagnons ndt.), comme les mu’atazilites et les râfidhites kaffar leurs opposants : au meilleur des cas, ils les considèrent comme des pervers (tafsîq). Ainsi, les gens des passions innovent une tendance et vouent à l’apostasie tous ceux qui s’y opposent. Quant aux traditionalistes, ils suivent la vérité de leur Seigneur qui leur est venu du Messager (r). Ils ne kaffar par leurs opposants ; ils sont les plus savants des hommes, et sont les plus cléments envers les hommes. »[19]
Cette caractéristique est propre aux râfidhites et aux innovateurs en général
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya nous fait le constat suivant : « Les râfidhîtes taxent de mécréance Abû Bakr, ‘Omar, ‘Uthmân, la majeure partie des muhâjirins (émigrés mecquois) et des ansârs (auxiliaires médinois), et leurs fidèles successeurs, alors qu’Allah les agrée et qu’à leur tour ils L’agréent. Ils ont ainsi sorti de la religion la plupart des adeptes de la communauté de Mohammed parmi les premières et les dernières générations. Ils considèrent comme non musulmane toute personne convaincue qu’Abû Bakr, ‘Omar, les muhâjirins et les ansârs sont crédibles et justes, qui les agréent comme Allah les a agréés, ou qui leur implore le pardon d’Allah comme Lui-même a demandé de le faire. Ainsi, ils « excommunient » les grandes autorités de la religion musulmane à l’exemple de Sa’îd ibn el Musaïb, Abû Muslim el Khawlânî, Uwaïs el Qurnî, ‘Ata ibn Abî Rabâh, et Ibrahim e-Nakha’î. Il en est de même concernant Mâlik, el Awzâ’î, Abû Hanîfa, Hammâd ibn Zaïd, Hammâd ibn Salama, e-Thawrî, e-Shâfi’î, Ahmed ibn Hanbal, Fudhaïl ibn ‘Iyâdh, e-Sulaïmân e-Dârânî, Ma’rûf el Karkhî, el Junaïd ibn Mohammed, Sahl ibn ‘Abd Allah e-Tusturî, etc.
Ils estiment notamment que ces gens-là sont plus mécréants que les juifs et les chrétiens, car il est plus grave d’avoir renoncé à sa religion que de n’y être jamais entré ; à l’unanimité des savants en effet l’apostat est plus condamnable que le mécréant d’origine. »[20]
À suivre…
Par : Karim Zentici
[1]Sheïkh Ibrahim e-Ruhaîlî a retenu la définition suivante de l’innovation : c’est toute voie inventée dans la religion qui vient s’opposer à la Législation avec l’intention pour celui qui l’emprunte d'amplifier l’adoration d’Allah.
[2] Majmû’ el fatâwâ(414/35).
[3]Majmû’ el fatâwa (28/512-513, et 13/356).
[4]Majmû’ el fatâwâ (13/36, 37).
[5]Voir : ârâ el murjiya fî musannafât Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya qui est une thèse ès Doctorat du D. ‘Abd Allah ibn Mohammed e-Sanad (p. 93-101).
[6]majmû’ el fatâwa (13/38).
[7]E-radd ‘alâ el Akhnâî d’ibn Taïmiya (p. 213).
[8]Majmû’ el fatâwâ (8/458).
[9]Rapporté par el Bukhârî (5057) et Muslim (1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
[10]Majmû’ el fatâwâ (19/72).
[11]Majmû’ el fatâwâ (20/164), voir également : Dar ta’ârudh el ‘aql wa e-naql (1/276).
[12]Majmû’ el fatâwâ (13/31, 3/279, 7/481), voir également : sharh el asfahâniya (p. 225).
[13]Majmû’ el fatâwâ (28/497).
[14]Majmû’ el fatâwâ (28/503).
[15]Majmû’ el fatâwâ (13/466, 467).
[16]Minhâj e-sunna (5/95), voir certains passages importants des paroles de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya allant dans ce sens, dans Majmû’ el Fatâwâ (19/73-75), Minhâj e-Sunna (5/158 et 239, 240), e-Radd ‘ala el Bakrî (2/487-490).
[17]Majmû’ el fatâwa (35/100).
[18] E-radd ‘alâ el Bakrî (2/487-490).
[19] Minhâj e-sunna (5/158).
Ibn Taïmiya et les kharijites (Partie 2)
par Karim Zentici
Règle du takfir
Ibn Taïmiya explique à ce sujet : « Le takfîr ne peut s’avérer pour des choses où plusieurs hypothèses sont possibles. »[1] La preuve, comme il le souligne, c’est que celui qui se prosterne devant une idole avec le cœur tourné vers Allah ne devient pas un kâfir, bien que ce soit une bid’a et du shrik asghar.[2]
Selon ibn Taïmiya, il est plus grave d’appliquer les textes de la menace divine (comme la malédiction) à grande échelle que de kaffar les auteurs des grands péchés à la manière des kharijites et des mu’tazilites ;[3] en sachant que le takfîr entre dans le domaine de la menace divine.[4]
Ainsi, selon ibn Taïmiya, il est interdit de taxer un ignorant d’apostat sans auparavant avoir fourni contre lui les preuves prophétiques (el hujja e-risâliya) lui éclaircissant qu’il va à l’encontre de la loi divine. C’est valable pour n’importe quel auteur d’une parole qui, en elle-même, relève de la mécréance. En sachant que certaines hérésies (bid’a) sont plus graves que d’autres et que certains innovateurs ont une foi plus ancrée que d’autres. Personne n’est habilité à taxer de mécréant n’importe quel musulman qui a commis une erreur. Il ne convient pas de le faire avant de lui avoir expliqué son erreur et d’avoir établi toutes les preuves contre lui. Lorsque la foi est avérée chez un individu avec certitude, on ne peut la lui retirer sur une simple suspicion. La seule chose qui permet de le faire, c’est d’établir toutes les preuves contre lui et de dissiper de son esprit toute ambigüité (iqâmat el hujja wa izâlat e-shubha).[5]
Les Textes divins concernant le mauvais devenir de l’homme (wa’îd) et les paroles provenant des grandes références sur les questions du takfîr (taxer quelqu’un d’apostat), dutafsîq (taxer quelqu’un de pervers), et autres, n’impliquent pas qu’ils faillent les appliquer à une personne en particulier sauf si celle-ci répond aux conditions pour le faire et si toute restriction en est exclue.[6]
Ainsi, quelqu’un est susceptible de prononcer une parole qui relève de la mécréance, car il n’a pas en main les textes lui permettant de parvenir à la vérité ; ou bien même en sa possession, il remet en question leur sens ou leur authenticité ; ou il n’est pas en mesure de les comprendre correctement ; ou encore est-il accroché a des arguments ambigus qui font obstacle à la bonne compréhension et qui font qu’il est excusable. Allah pardonne au croyant qui qu’il soit, lorsqu’il commet une erreur malgré ses efforts à la recherche de la vérité. Il n’y a pas de différence en cela, entre les questions théoriques (usûl ndt.) ou pratiques (furû’ ndt.) ; cette tendance est celle des Compagnons et de la plupart des grandes références de l’Islam.[7] Allah ne tient pas rigueur de l’erreur et de l’oubli et l’état de mécréance ne peut être constaté avant l’étape d’éclaircissement ou avant d’en fournir les preuves.[8]
Il affirme notamment : « Celui qui fait une mauvaise interprétation des textes, mais dont les intentions sont de suivre scrupuleusement le Messager (r), il ne devient pas mécréant ni pervers, s’il se trompe à la suite d’un effort d’interprétation. Ce principe est notoire pour les questions pratiques (furû’ ndt.). Quant aux questions liées au dogme (usûl ndt.), bon nombre de gens ne donnent pas d’excuse à celui qui se trompe dans ce domaine. Or, cette tendance n’est connue par aucun Compagnon ni par leurs fidèles successeurs ni par les grandes références de l’Islam. Elle prend son origine chez les innovateurs qui innovent des principes et qui sortent de l’islam tous ceux qui ne veulent pas s’y soumettre, à l’image des kharijites, des mu’atazilites, et des jahmites. Bon nombre d’adeptes des quatre écoles l’ont adoptée, comme certains malikites, certains shafi’ites, certaines hanbalites, et d’autres. »[9]
Pourquoi l’Islam condamne-t-il le khurûj ?
Selon la règle : il est plus important de parer aux inconvénients d’une chose que de rechercher ses avantages
Les preuves textuelles venant corroborer cette règle
1- le Verset suivant : (N’insultez pas ceux qui invoquent une fausse divinité, car leur animosité va les pousser à insulter Allah sans se fonder sur aucun savoir).[10] Allah interdit de s’en prendre aux idoles qui a pourtant l’avantage d’irriter les païens. Le but, c’est de ne pas les pousser au blasphème. Il faut mieux éviter qu’ils blasphèment que de dénigrer leurs faux dieux.
2- Selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée –, le Prophète (r) a dit notamment : « Si ton peuple ne s’était pas récemment converti, j'aurai fait détruire la Ka’ba (la Maison sacrée ndt.) pour lui réinsérer la partie qui lui a été enlevée, et je l’aurais mise à même le sol…»[11] Ce hadîth confirme la règle étant donné que le Prophète (r) a renoncé à la reconstruction du Temple d’après les fondations d’Ibrahim (r) – ce qui en soi est un avantage – pour parer à un inconvénient. Autrement dit, il ne voulait pas faire fuir les gens de l’Islam ni pousser les novices à apostasier. Il (r) a donc tenu compte des inconvénients qui étaient prépondérants aux avantages.
3- Le Prophète (r) n’a pas tué les hypocrites, bien qu’il y ait un intérêt à le faire, car il ne voulait pas faire fuir les gens susceptibles de penser qu’il éliminait ses propres adeptes.
4- Il (r) a notamment interdit toute rébellion contre les gouverneurs injustes, à condition qu’ils observent la prière. Il y a un inconvénient immense à se lancer dans ce genre d’initiative. Les méfaits d’une insurrection sont bien plus considérables que ceux engendrés par la tyrannie des personnes au pouvoir. Les conséquences négatives dans les rangs des musulmans, à travers l’histoire, s’en font ressentir jusqu’aujourd’hui. C’est pour éviter cela que le Prophète (r) a prescrit : « Si l’allégeance est donnée à deux Khalifes, alors combattez le dernier venu. » Voici en résumé ce que Sheïkh el Islam ibn Taïmiya établit sur la question.
Après avoir développé certains points subsidiaires à la règle disant qu’il vaut mieux parer aux inconvénients d’une chose que de rechercher ses avantages, et qu’en cas d’opposition entre les intérêts et les inconvénients, il faut orienter le choix vers la solution la plus avantageuse, Sheïkh el Islam a poursuivi : « Entre autres : parmi les principes des traditionalistes, nous pouvons recenser la nécessité de conserver l’union, de ne pas s’attaquer aux détenteurs de l’autorité – les tyrans parmi eux –, et de ne pas participer aux affrontements en période de troubles. Nous pouvons introduire ses principes dans le cadre de la règle générale concernant l’encombrement ou l’opposition entre les avantages et les inconvénients, entre les bienfaits et les méfaits. Le cas échéant, il faut mettre en avant la solution la plus avantageuse, soit dans la situation où le pour et le contre s’opposent ou s’encombrent.
Bien que les obligations et les interdictions impliquent en effet de concéder un intérêt et de repousser un inconvénient, il faut cependant se pencher sur les cas où les deux situations se réunissent. Si on laisse échapper un intérêt ou si celui-ci engendre un mal plus grand, il ne devient plus une obligation. Il devient plutôt une interdiction dans la mesure où il concède plus d’inconvénients que d’avantages. Les avantages et les inconvénients doivent être considérés selon la balance de la Législation.
Ainsi, si une personne ou un groupe font à la fois le bien et le mal de sorte qu’ils ne font pas la distinction entre les deux, et qu’ils ne peuvent les séparer (en les faisant ou en les délaissant tous les deux), il n’est pas permis en pareil cas de leur faire la morale (ni de leur ordonner le bien ni de leur interdire le mal). Il faut plutôt considérer la situation. Si le bien est prépondérant au mal, il faut l’ordonner bien qu’il implique à une moindre mesure de tolérer le mal qu’ils font. En parallèle, il ne faut pas leur interdire un mal si cela implique de leur faire délaisser un bien prépondérant.
Dans un tel cas de figure, interdire le mal consisterait à entraver au chemin d’Allah, à empêcher qu’on Lui obéisse, qu’on obéisse à Son Messager, et à mettre un terme aux bonnes actions. Or, si le mal est prépondérant au bien, il faut l’interdire quand bien même cela consisterait à laisser un bien de moindre importance. Dans ce cas de figure, il serait mal d’ordonner le bien qui impliquerait un mal plus important. Cela encouragerait à désobéir à Allah et à Son Messager.
Si toutefois, le bien et le mal s’engendrent mutuellement, il ne faut dans ce cas ni les ordonner tous les deux ni les interdire tous les deux étant donné que l’un est le fruit de l’autre. Cela est valable bien sûr pour certains cas. Néanmoins, en règle générale, il faut ordonner le bien dans l’absolu et interdire le mal dans l’absolu. Si l’on considère un individu ou un groupe quelconque, il faut ordonner le bien qu’ils concèdent et interdire le mal qu’ils concèdent ; il faut approuver leurs bons côtés et condamner leurs mauvais côtés de sorte que d’ordonner le bien, cela n’implique pas de laisser passer un bien plus grand ou d’engendrer un mal prépondérant. En parallèle, l’interdiction d’un mal ne doit pas impliquer un mal plus grand ni laisser échapper un bien prépondérant.
Dans ce registre, le prophète (r) ne s’en est pas pris à ‘Abd Allah ibn Ubaï ibn Salûl, et d’autres chefs de file des hypocrites et pervers, car ils avaient un soutien. Si un genre de punition avait pu mettre fin à un certain mal, cela aurait impliqué de laisser passer un bien plus important, étant donné qu’elle aurait attisé la colère et la vengeance de leurs tribus. Sans compter que les gens auraient pu fuir s’ils avaient entendu que Mohammed tuait ses Compagnons. »[12] Fin de citation.
L’Histoire en est le meilleur témoin
« C'est pourquoi il est notoire que la tendance traditionaliste ne voit ni la rébellion ni l’épée contre les émirs en place, même s’ils répandent l’injustice. Et cela, conformément aux hadîth prophétiques authentiques et communément transmis sur le sujet. Le désordre qu’engendrent les guerres intestines et les troubles est plus grand que le mal et l’injustice venant des émirs en temps de paix. On ne confronte pas un plus grand mal en se contentant d’un mal moindre (sic).
À travers l’Histoire, les révoltes ont pratiquement toujours ramené un mal plus grand que celui qu’elles avaient enlevé. Or, Allah ne nous a pas ordonné de combattre tous les tyrans et les injustices quoiqu’il arrive. Il ne nous a pas demandé non plus de combattre d’entrée les rebelles, mais Il nous enjoint d’attendre : [Lorsque deux groupes parmi les croyants se querellent, réconciliez entre eux ; mais si l’un d’eux s’acharne contre l’autre, alors combattez celui qui s’acharne jusqu’à ce qu’il se plie à l’ordre d’Allah •une fois qu’il s’y plie, alors réconciliez entre eux avec équité, et soyez justes, car Allah aime les justes].[13] S’il n’a pas demandé de combattre d’entrée des rebelles, alors comment l’aurait-Il demandé pour les émirs ? »[14]
À suivre…
Par Karim Zentici
[1]Voir : e-sârim el maslûl (3/963).
[2]Voir : majmû’ el fatâwâ (14/120).
[3]Voir : majmû’ el fatâwa (20/386-388).
[4] Idem. (3/231).
[5] Majmû’ el fatâwa (12/393).
[6] Idem. (10/372).
[7] Majmû’ el fatâwa (23/326).
[8]Idem. (12/523-524). Des textes de ce genre, il en existe beaucoup d’autres. Le D. ‘Abd el Majîd el Mish’abî est l’auteur d’une thèse ayant pour titre ; manhaj ibn Taïmiya fî mas-alat e-takfîr (1/251-261) où il démontre, avec de nombreux textes d’ibn Taïmiya à la clef, que ce dernier tient compte du ‘udhr bi el jahl dans iqâmat el hujja ; voir notamment en vrac : majmû’ el fatâwa (3/231), (5/538), (6/61), (11/406), (11/409-410) (11/412-413), (20/36), (35/165-166), e-rad ‘alâ el Akhnâî (p. 61-62), e-Safdiya (1/233), e-rad ‘alâ el bakrî (p. 259), bughiya el murtâd (p. 311), el istiqâma (1/30), dur e-ta’ârudh (8/238), et el Asfahâniya (p. 127-128).
[9]Voir : minhâj e-sunna (5/240).
[10]Le bétail ; 108
[11]Rapporté par el Bukhârî et Muslim.
[12]Sheïkh el Islam ibn Taïmiya est l’auteur de ce discours dans Majmû’ el fatâwâ (28/128-131) et dans El amr bi el ma’rûf wa e-nahî ‘an el munkar (p. 21) du même auteur.
[13]Les appartements ; 9
Ibn Taïmiya et les kharijites (Partie 3)
par Karim Zentici
La « charte » du traditionalisme
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya établit : « Dans l’ensemble, les traditionalistes font tous leur possible pour se soumettre à l’obéissance d’Allah et de Son Messager, conformément au Verset : [Craignez Allah dans la mesure du possible].[1] Le Prophète (r) a dit quant à lui : « ...et ce que je vous ordonne, faites-le dans la mesure du possible. »[2]
Ils ont conscience qu’Allah envoya Mohammed (r)sur terre en vue de réformer les hommes pour leur intérêt présent et futur ; il appelle à la réforme (dans le sens d’amélioration ndt.) et condamne le désordre. Ils comparent pour une action donnée entre ses avantages et ses inconvénients, et orientent leur choix en fonction de leur prépondérance ; quand le bien est prépondérant, ils s’y engagent, mais quand, c’est le mal qui prend le dessus, ils y renoncent. La mission de Mohammed (r)a pour but de s’accaparer le bien et de l’optimiser, et, en parallèle, de parer au mal et de le minimiser.
Ainsi, quand un homme prend la tête du Khalifat, comme Yazîd, ‘Abd el Mâlik, el Mansûr, etc. soit on se donne le devoir de l’enlever coûte que coûte au prix de prendre les armes contre lui en vue de le renverser pour installer quelqu’un d’autre à sa place, à la manière de ceux qui voient l’épée ; cette tendance est illégitime en vue des inconvénients énormes qu’elle engendre par rapport aux avantages.
Peu furent les révoltes qui, dans l’Histoire, n’engendrèrent pas un mal plus grand que le bien escompté. Nous avons comme exemple, ceux qui s’insurgèrent contre Yazîd à Médine, ibn el Ash’ath qui s’insurgea contre ‘Abd el Mâlik en Iraq, ibn el Muhallib qui s’insurgea contre son fils dans le Khurasân, Abû Muslim sâhib e-da’wa qui prit également les armes contre eux dans le Khurasân, et ceux qui se révoltèrent contre el Mansûr à Médine et à Bassora, etc.
Le mieux qu’il peut leur arriver, quand ils ne sont pas vaincus, c’est de triompher sur le moment, mais, tôt au tard, ils perdent le pouvoir, et jamais ils ne laissent d’héritier. ‘Abd Allah ibn ‘Alî et Abû Muslim attentèrent à la vie d’un nombre incroyable de personnes, pourtant, tous les deux finirent entre les mains d’Abû Ja’far el Mansûr. Quant aux partisans d’el Harra, d’ibn el Ash’ath, d’ibn el Muhallib, etc., ils connurent la défaite ; ils ne parvinrent ni à maintenir la religion ni à épargner le profane. Alors que le Très-Haut n’ordonne rien qui ne rapporte aucun effet ni pour la religion ni pour la vie matérielle. S’il est vrai au même moment, que les acteurs d’une telle initiative soient des pieux, des élus d’Allah promis au Paradis. Cependant, ils ne sont pas meilleurs qu’Alî, ‘Âisha, Talha, Zubaïr, etc. dont la participation aux troubles ne fut pas louable. Pourtant, ils ont un rang plus élevé auprès d’Allah et ont une meilleure intention que n’importe qui d’autre. Nous pouvons en dire autant pour les partisans d’el Harraqui comptaient dans leurs rangs bon nombre de savants et de pieux. Même chose pour les partisans d’ibn el Ash’ath, qu’Allah leur pardonne à tous…
L’élite des musulmans interdisait de se rebeller et de prendre les armes en période de troubles. ‘Abd Allah ibn ‘Omar, Sa’îd ibn el Musaïb, ‘Alî ibn el Husaïn, etc. défendaient de sortir contre Yazîd, l’année d’el Harra. El Hasan el Basrî, Mujâhid, et tant d’autres défendaient de participer à la campagne (fitna) d’ibn el Ash’ath. Par la suite, un crédo se dessina chez les traditionalistes qui appelaient à ranger l’épée dans son étui en période de troubles. Ils se conformaient ainsi aux hadîthauthentiques imputés de façon certifiée au Prophète. Ils prirent l’habitude de l’évoquer dans leur crédo, et incitaient à la patience face à la tyrannie des sultans, et à ne pas prendre les armes contre eux, bien que de nombreux savants connus pour leur piété aient participé à des troubles.
Il y a souvent un amalgame entre le chapitre sur l’insurrection des rebelles au nom de la morale (ordonner le bien et interdire le mal) et celui sur la participation aux troubles, mais ce n’est pas l’endroit pour en parler en détail.
En méditant sur les hadîth authentiques remontant au Prophète (r) de façon certifiée dans ce domaine, tout en considération la vision des savants éclairés, on se rendra compte que les textes prophétiques orientent toujours vers la meilleure solution.
C’est pourquoi, quand Husaïn répondit à l’appel des habitants d’Iraq qui l’invitaient dans de nombreux courriers à prendre la tête de la révolte, l’élite des savants, à l’image d’ibn ‘Omar, ibn ‘Abbâs, Abû Bakr ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hârith ibn Hishâm, tentèrent de l’en dissuader. Ils étaient persuadés qu’il allait y laisser la vie. Certains d’entre eux allèrent dans leurs adieux jusqu’à implore : « Nous confions ta mort à Allah ! » L’un d’entre eux l’interpella en ces termes : « Si ce n’était pas indécent, je t’aurais retenu pour t’empêcher de te rendre en Iraq. » Leur seule ambition était de le conseiller et de veiller à son intérêt, mais aussi à celui des musulmans. Allah et Son Messager ne font qu’appeler à la réforme, non au désordre. Cependant, chacun peut soit se tromper soit avoir raison par rapport à ces injonctions.
Ainsi, en fin de compte, il s’était avéré qu’ils avaient eu raison et qu’il n’y avait aucun intérêt ni matériel ni religieux à prendre les armes. Cette initiative fut même l’occasion pour les tyrans injustes de s’en prendre au petit-fils du Messager d’Allah (r), et de le mettre à mort impunément en lui offrant ainsi le martyre.
La révolte de Husaïn causa, en plus du grand nombre de victimes, des inconvénients terribles qui auraient pu être évités s’il était resté sagement chez lui. Il ne concrétisa aucun des avantages qu’il escompta et ne parvint pas à mettre un terme au mal. Bien au contraire, son initiative qui déboucha sur son assassinat engendra un plus grand mal, qui prenait de plus en plus le dessus sur le bien. Sa mort déclencha en effet une vague de troubles, un peu comme la mort de ‘Uthmân, et ne rapporta que de mauvais effets.
Tous ces événements tragiques nous rappellent l’importance des recommandations prophétiques, enjoignant d’endurer la tyrannie des mauvais sultans et de renoncer à prendre les armes et à se rebeller contre eux. C’est en effet la meilleure solution tant pour la vie d’ici-bas que pour l’au-delà. Quiconque va, inconsciemment ou non, à leur encontre, ne récolte que de mauvais fruits, jamais de bons fruits.
C’est ce qui explique les paroles du Prophète (r)faisant les éloges d’el Hasan : « Mon fils que voici est un Saïd (maître ndt.), par le biais duquel Allah va concilier entre deux grandes armées musulmanes. »[3]Au même moment, il n’a jamais vanté quelqu’un d’avoir pris les armes pour participer à des troubles ou à une révolte contre un émir en place. Il n’a jamais encouragé non plus à rompre l’obéissance à l’émir ni à se démarquer des rangs.
Tous les hadîth prophétiques qui furent certifiés dans le recueil e-sahîh, vont dans ce sens. Nous avons notamment, d’après sahîh el Bukhârî, selon el Hasan el Basrî, j’ai entendu dire Abû Bakra (t) : « J’ai entendu dire le Prophète (r)du haut de sa chair alors qu’el Hasan se tenait avec lui, il partageait son regard entre lui et l’assemblée : « Mon fils que voici est un Saïd (maître ndt.), par le biais duquel Allah va sûrement concilier entre deux grandes armées musulmanes. » »[4] Le Prophète (r) informa que son petit fils était un « grand homme ». Par la suite, la prophétie qu’il avait annoncée se réalisa, l’année où el Hasan réconcilia par son initiative entre les membres de la Nation.
Ainsi, Allah et Son Messager aiment la réconciliation entre deux factions rivales, et cette initiative fut considérée comme l’un des fastes les plus mémorables à son actif, et dont son grand-père (r) vanta les vertus. S’il avait été enjoint, voire recommandé de participer à ces guerres intestines qui déchiraient les musulmans, le Prophète (r)n’aurait jamais fait les éloges de quelqu’un qui s’y désiste. C’est ce qui explique pourquoi, il n’a jamais rendu hommage à ceux qui se mêlèrent aux événements d’el Jamal ou de Siffîn, et encore moins aux habitants de Médine, qui furent entrainés à la bataille d’el Harra. Il n’a jamais salué non plus le siège de La Mecque contre ibn e-Zubaïr, ni la révolte d’ibn el Ash’ath, d’ibn el Muhallib, etc.
Cependant, il est communément transmis qu’il (r) encouragea à tuer les kharijites mâriqûn (qui sortent de la religion ndt.) que le Prince des croyants ‘Alî passa au fil de l’épée à Nahrawân, après qu’ils aient pris refuge à Harûra en vue d’une insurrection. Les annales prophétiques qui enjoignent à combattre ces gens-là sont largement répandues.[5]‘Alî (t)lui-même éprouva une joie immense à l’idée d’en avoir décousu avec eux. Il rapporta notamment le hadîth appuyant sa campagne. Les Compagnons, mais aussi les grandes références après eux, sont unanimes à voir le combat contre les kharijites. Ils n’ont jamais mis sur le même pied d’égalité leur répression et les événements d’el Jamal, de Siffîn, etc. qui ne reçurent l’aval ni des textes ni du consensus. Ceux-là mêmes qui y furent entrainés parmi les plus grands n’étaient pas fiers d’eux, et finirent même par regretter amèrement leur action…
El Hasan n’arrêtait pas de conseiller à son père et à son frère de renoncer aux armes. Et, quand il eut les choses en main, il mit un terme au combat et réconcilia, grâce à Dieu, entre deux grandes factions rivales. ‘Alî se rendit compte, en fin de compte, qu’il aurait mieux valu éviter les conflits armés tant les inconvénients à s’y mêler étaient prépondérants aux avantages. El Husaïn également, qui connut le martyre à travers une mort injuste, renonça à son projet de prendre le pouvoir. Il fit la requête soit de retourner sur ses terres, soit d’être envoyé au front (pour garder les frontières) soit auprès de Yazîd, qui était, à cette époque, à la tête des musulmans.
On peut toujours avancer qu’Alî et son fils renoncèrent à leur projet, tout simplement, car ils n’avaient pas les moyens d’aller au bout ; ils n’avaient pas, en effet, suffisamment d’alliés de leur côté. Ils avaient conscience que beaucoup de sang aurait été versé sans parvenir à l’intérêt escompté.
Ce à quoi nous répondons : c’est exactement la sagesse dont le Législateur tint compte en interdisant de sortir l’épée contre l’émir, et en encourageant à ne pas participer aux troubles. Peu importe que l’on sorte au nom de la morale (ordonner le bien et interdire le mal), comme ce fut le cas pour les partisans d’el Harra, et Daïr el Jamâjim qui se soulevèrent contre Yazîd, el Hajjâj, etc. On n’enlève pas un mal par un plus grand mal, ce qui en soi est un mal, de la même façon, on ne recherche pas un bien, en passant par un mal plus grand que l’intérêt escompté à travers ce bien, ce qui en soi est également un mal.
C’est de cette façon que les kharijtes autorisèrent moralement à prendre l’épée contre leur coreligionnaires, et mirent leur projet en action contre ‘Alî et tant d’autres. Ces derniers furent imités par les mu’tazilites, les zaïdites, les légistes, etc., qui, dans les grandes lignes s’accordent avec eux à se révolter, l’épée à la main, contre les émirs en place.
À suivre…
Par : Karim Zentici
Ibn Taïmiya et les kharijites (Partie 4)
par Karim Zentici
Il incombe de savoir ici que les facteurs qui poussent aux troubles sont partagés entre les acteurs en jeu (ou autre traduction possible : constants ndt.). En effet, quand les cœurs sont perturbés, ils ne sont plus dans une optique de recherche de la vérité, et sont donc, aveuglés. Si bien que les comportements ressemblent terriblement à ceux des païens avant l’Islam qui ne connaissaient pas la vérité, mais qui ne la cherchaient pas non plus. L’Islam a eu le mérite d’apporter aux hommes le savoir utile et les bonnes œuvres qui leur ont permis non seulement de connaitre la vérité, mais de la vouloir ardemment. Ainsi, une corrélation se crée entre l’avidité de certains gouverneurs qui sèment l’injustice et l’impossibilité des sujets à endurer cette épreuve.
Or, la seule façon pour eux de se faire justice, c’est d’user de moyens qui entrainent des méfaits encore plus que grands que l’injustice qu’ils subissent. Ils en ont conscience, mais l’esprit de vengeance est encore plus fort qu’eux. Ils cherchent coûte que coûte à reprendre leurs droits sans se soucier des conséquences terribles et à grande échelle que leur action engendre. Le Prophète (r)l’avait prédit en disant : « Vous serez confronté après moi à des émirs aux appétits égoïstes, alors armez-vous de patience jusqu’à ce que vous me retrouverez à mon bassin (Hawdh). »[1]
Il est rapporté également d’après les deux recueils sahîh, le propos prophétique suivant : « L’individu doit obéissance à l’émir que ce soit dans l’aisance ou dans la difficulté, de son propre gré ou contre lui, et même s’il ne veut rien lui partager. »[2]
Il y également une annale, d’après les deux recueils sahîh, avec les termes suivants : « Nous avons fait allégeance au Prophète (r) de faire obéissance à l’émir que ce soit dans l’aisance ou dans la difficulté, de notre propre gré ou contre nous-mêmes, et même s’il ne veut rien nous partager ; de ne pas lui contester l’autorité en place, d’être, où que nous soyons, les garants de la vérité dans les paroles et les actes, et de ne crainte, pour Allah, le blâme de personne. »[3]
Le Prophète (r) ordonna donc de patienter face à l’appétit cupide des responsables de l’autorité, et de leur obéir, malgré ce défaut, sans jamais se rebeller contre eux. Bon nombre de révoltes dans l’Histoire furent motivées par l’égoïsme débordant des gouverneurs, ce que les sujets ne pouvaient plus supporter. Surtout que ces gouverneurs n’avaient pas que ce défaut ; chaque faux pas qu’ils pouvaient faire attisait d’autant plus la haine dans les rangs. En se soulevant, les insurgés étaient convaincus qu’il agissait pour la bonne cause, et qu’il fallait rendre le culte à Dieu l’Unique. En réalité, le pouvoir et la richesse étaient les plus grandes motivations des insurgés, qui recherchaient avant tout leurs intérêts personnels. Un Verset nous décrit cet état : [Quand on leur en donne une part, ils sont contents, mais dès qu’on la leur refuse, ils se mettent en colère].[4]
D’après le recueil e-sahîh, le Prophète (r) affirme : « Il y a trois hommes à qui Allah ne parlera pas, qu’Il ne regardera pas le Jour de la Résurrection, qu’Il ne mettra pas en valeur et qui auront un châtiment terrible : un homme qui a de l’eau en abondance, mais qui refuse d’en donner aux étrangers de passage. Le Jour de la Résurrection, Allah lui dira : « Aujourd’hui, Je te refuse Mes faveurs, comme tu as refusé sur terre de partager ce que tu n’as pas obtenu de tes mains. » Un homme qui fait allégeance à un Imâm sans n’être motivé par rien d’autre que par les biens de ce bas monde ; s’il lui en donne une part, il est content, mais s’il refuse de lui en donner, il se met en colère ; et un homme qui, après la prière du ‘asr jure mensongèrement en vue découler ses marchandises… »[5]
Ainsi, si d’un côté on met les mauvaises passions et les mauvaises conceptions et de l’autre côté, on met les mêmes ingrédients, on obtient indubitablement un conflit. Or, le Législateur ordonne à chacun de faire ce qui revient en bien à lui et aux musulmans. Il ordonne aux responsables de l’autorité de faire régner la justice et de prodiguer le bon conseil à ses sujets. Un hadîth fait planer une menace sur lui : « Tout berger à qui Allah a confié un troupeau, et qui vient à mourir en ayant trahi son troupeau ne sentira jamais l’odeur du Paradis. »[6]
Quant aux sujets, ils ont pour devoir d’obéir au gouverneur et de lui prodiguer le bon conseil conformément au hadîth : « La religion, c’est le bon conseil.
- Messager d’Allah, lui demandèrent les Compagnons, mais envers qui ?
- Envers Allah, Son Livre, Son Messager, les gouverneurs musulmans et leurs peuples. »[7]
En outre, il ordonne de patienter face à leur cupidité, et interdit de leur contester leur autorité, malgré l’injustice qu’ils font régner. La raison, c’est que le mal engendré par les armes est plus grand que le mal issu de l’injustice des gouverneurs. Il n’est donc pas pertinent d’enlever un moindre mal pour en obtenir un plus grand.
En méditant sur les textes du Coran et de la sunna qui remonte au Prophète (r) de façon certifiée, tout en observant ce qu’on ressent en soi, mais aussi autour de soi, on appréhendera mieux le Verset : [Nous leur ferons voir Nos signes en eux-mêmes et dans les horizons afin qu’ils sachent que c’est la vérité].[8] Allah fait voir à Ses créatures des signes en eux-mêmes et à l’horizon afin qu’ils sachent que le Coran incarne la vérité ; Ses enseignements sont vrais et Ses commandements sont justes.
[Ainsi se parfait la Parole de Ton Seigneur en toute vérité et en toute justice ; rien ne peut changer Ses Paroles, car Il est Entendant et le Savant].[9] »[10]
El Hasan et el Husaïn
Voici en complément à ce sujet, une analyse subtile de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya sur les deux enfants de ‘Âli (t) : « Les ancêtres du Mahdî remontent à el Hasan non à el Husaïn, car ces derniers ressemblent sous certains aspects aux deux enfants d’Ibrahim bien qu’ils ne soient pas des prophètes. Pour les protéger, le Prophète (r) invoquait Allah en ces termes : « Je vous place sous la protection des Paroles Parfaites d’Allah contre toute insufflation des démons et tout mauvais œil. »[11]Il disait à ce sujet qu’Ibrahim protégeait Ismâ’îl et Ishâq de cette façon.[12]Ismâ’îl était le plus grand et le plus sage des deux garçons. C’est pourquoi, le Prophète a proclamé du haut de sa chair alors qu’el Hasan se tenait avec lui : « Mon fils que voici est un Saïd (maître ndt.), par le biais duquel Allah va concilier entre deux grandes armées musulmanes. »[13]La plupart des prophètes provenaient de la descendance d’Ishâq, et de la même façon la plupart des Imams sont de la descendance de Husaïn. Or, le sceau (ou le dernier) des prophètes dont la religion s’est répandue sur toute la surface de la Terre est de la descendance d’Ismâ’îl, il convenait ainsi que le Mahdî, ce Khalife bien guidé qui sera le dernier des Khalifes soit de la descendance de Hasan. »[14]
Et ibn e-Zubaïr ?
Ibn Taïmiya répond à cette question : « Ibn e-Zubaïr avait déjà eu un conflit avec Yazîd, dans lequel il entraina avec lui des habitants de La Mecque, du Hijâz, et d’ailleurs. À la mort de Yâzîd, il annonça sa prise de pouvoir. Il reçut le titre de Prince des croyants et l’allégeance de la plupart des provinces à l’exception du Shâm. Ainsi, sa mise au pouvoir eut lieu après la mort de l’ancien Khalife. Néanmoins, sous le Khalifad’ibn Mu’âwiya, il refusa au début de lui donner son allégeance, mais dès qu’il consentit à le faire, Yazîd émit la condition pour l’accepter qu’il se constitue prisonnier afin qu’il vienne la lui faire en personne. Alors, virent le jour entre eux des conflits qui débouchèrent sur une expédition envoyée par le Khalife à La Mecque. Yazîd s’éteignit au cours de ce fameux siège, et une partie du Shâm, l’Iraq, et d’autres provinces, offrirent alors leur allégeance à ibn e-Zubaïr.
Après le décès de son père, Mu’âwiya ibn Yazîd s’installa sur le trône, mais, bien qu’il était pieux et ascète, son règne ne dura pas longtemps. Après à peine quarante jours, il était descendu du trône et n’intronisa personne à sa place. Marwân ibn el Hakam s’empara des rênes du pouvoir sur le Shâm, mais il ne fit pas long feu. Ce fut son fils, ‘Abd el Malik qui allait s’installer définitivement au pouvoir, et commença par monter une armée, prit la route de l’Iraq qui avait pour émir Mus’ab ibn e-Zubaïr ; ce dernier administrait la province sous l’égide de son frère. Mus’ab perdit la vie dans les affrontements, et ‘Abd el Malik était devenu maitre des lieux. Il mit sur pied une expédition avec à sa tête, el Hajjâj. Sa mission était de déloger ibn e-Zubaïr des Lieux saints. Il installa son camp autour de la ville et, au bout de multiples assauts, le captura avant de mettre fin à ses jours.
‘Abd el Mâlik pouvait régner sans conteste, et fonda sa propre dynastie. Son règne vécut la conquête de Bukhârâ, et d’autres contrées de « l’Asie Mineure», sous le commandement de Qudaïba ibn Muslim, l’administrateur d’el Hujjâj ibn Yûsaf, qui, lui-même, était l’administrateur d’Abd el Mâlik ibn Marwân en Iraq, malgré ses instincts tyranniques. À cette époque, les musulmans triomphèrent sur le roi turc Khâqân après une âpre bataille, et ses fils furent capturés. Par la suite, le Sind allait entrer dans les frontières musulmanes, mais aussi, à l’opposé, l’Andalousie. Des tentatives furent menées contre Constantinople qui résista à un long siège… »[15]
À suivre…
Par : Karim Zentici
[1]Rapporté par el Bukhârî (3792) et Muslim (1845), selon Anas ibn Mâlik, selon Usaïd ibn Khudhaïr (t).
[2]Rapporté par el Bukhârî (7056) et Muslim (1709), selon ‘Ubaïda ibn e-Sâmit (t).
[3]Rapporté par el Bukhârî (7199) et Muslim (1709), selon ‘Ubaïda ibn e-Sâmit (t).
[4]Le repentir ; 58
[5]Rapporté par el Bukhârî (2369) et Muslim (108), selon Abû Huraïra (t).
[6]Rapporté par el Bukhârî (2369) et Muslim (108), selon Abû Huraïra (t).
[7]El Bukhârî l’a mentionné en tête d’un chapitre et sans chaine narrative ; il est rapporté par Muslim (55), selon Tamîm e-Dârî (t).
[8]Les Versets détaillés ; 53
[9]Le bétail ; 115
[10]Voir : Minhâj e-sunna (4/527-543).
[11]Rapporté par el Bukhârî (3371), selon ibn ‘Abbâs.
[12]C’est un passage du Hadith précédent.
[13]Rapporté par el Bukhârî (2704, 3629, 3746, 7109), selon Abû Bakra.
[14]Voir : Jâmi’ el Masâil de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya qui propose certaines Fatwas inédites (4/99).
Ibn Taïmiya et les kharijites (Partie 5)
par Karim Zentici
Ibn Taïmiya fait état de la différence entre ces deux catégories d’individus : « Abû Barza el Aslamî (t) explique, en parlant des événements d’ibn e-Zubaïr, de la révolte des lecteurs contre el Hujjâj, et de Marwân dans le Shâm en faisant remarquer : « Ceux-là, ceux-là, et ceux-là prirent les armes pour des raisons matérielles. » Tandis que les innovateurs, comme les Kharijites, ils cherchent à corrompre la religion des musulmans, et combattent au nom de la religion. »[1]
Ailleurs, il renchérit : « Quant à l’allégation selon laquelle les grandes références sont unanimes à ne faire aucune différence entre eux (les bughât et les kharijites) si ce n’est qu’au niveau du nom, celle-ci est complètement fausse. L’auteur d’une telle allégation est vraiment téméraire ! Il est plus juste de dire que cette opinion est à mettre au compte de certains savants des écoles d’Abû Hanîfa, de Shâfi’î, d’Ahmed, etc.
… La majorité des savants font une distinction entre les kharijitesqui sortent de la religion et ceux qui ont participé aux batailles d’el Jamal, de Siffîn, mais aussi à d’autres batailles. Ces derniers comptent parmi les rebelles qui furent motivés par un effort d’interprétation. Cette opinion est celle que nous connaissons des Compagnons, de la majeure partie des traditionnistes, des légistes et des adeptes du kalâm. La plupart des savants des grandes écoles le mentionnent explicitement dans leurs écrits, ainsi que leurs successeurs parmi les adeptes de Mâlik, Ahmed, Shâfi’î, etc.
Il est en effet certifié, d’après le recueil e-sahîh, la parole suivante du Prophète (r) : « Un groupe dissident va se rebeller à la suite d’un conflit entre musulmans. Le camp qui sera le plus proche de la vérité se chargera de les réprimer. »[2] Ce hadîth fait état de trois factions en présence ; les kharijites étant différents des deux premières, et composent donc la troisième faction… Les Compagnons étaient tous d’accord pour les combattre, contrairement aux batailles d’el Jamal, de Siffîn, qui furent accueillies avec des réactions diverses. Les uns et les autres se rangèrent d’un côté ou de l’autre, mais la grande majorité des Compagnons resta neutre et ne s’engagea avec aucun camp…
‘Alî (t)fut d’être heureux d’en découdre avec les kharijites… Au moment où il avouait qu’aucun texte ne venait cautionner Siffîn ; il dut s’en remettre à son propre jugement. Parfois, il lui arrivait de faire les éloges de ceux qui avaient renoncé à prendre les armes…
Cela démontre que la neutralité était la meilleure position, et que ces conflits ne furent ni imposés par la religion ni même recommandés. Tandis que les textes parlent de l’éradication des kharijites ; il est certifié que le Législateur l’a ordonné et encouragé. Comment peut-on dès lors, mettre sur le même pied d’égalité ce que d’un côté, il ordonne et encourage à faire, et de l’autre côté, ce qu’il encourage à délaisser en vantant les vertus d’une telle initiative.
Ainsi, quiconque met sur le même pied d’égalité les guerres intestines entre Compagnons qui eurent lieu à el Jamal et Siffîn, et la répression de Dhû el Khuwaïsira, et ses semblables parmi les kharijitesrebelles, et les hârûrites criminels ; il associe clairement sa parole à celle des ignorants injustes ! »[3]
Quelle est la distinction entre Kharijites ou bughât ?
Les bughât prennent les armes contre les sultans pour des raisons profanes. Ils aspirent au pouvoir sans revendiquer particulièrement qu’ils agissent au nom de la religion. Par extrapolation, ibn Taïmiya range dans cette catégorie ceux qui participèrent aux batailles d’el Jumal, Siffîn, el Hurra, el Jamâjim, etc. Ces derniers pensaient que la guerre était la meilleure solution. Ils ne voyaient pas dès lors les inconvénients énormes qu’elle allait engendrer. D’ailleurs, ils le regrettèrent après coup, et surent par l’expérience ce dont les textes mettaient en garde depuis le début. Ibn Taïmiya explique à ce sujet : « Secundo : il y a ceux qui prennent les armes non pour défendre une croyance contraire au traditionalisme. Nous pouvons compter dans cette catégorie ceux qui participèrent aux batailles d’el Jumal, Siffîn, el Harra, el Jamâjim, etc. Ces derniers pensaient simplement que la guerre était la meilleure solution, bien que ce ne fût pas le cas. Ils ne voyaient pas dès lors les inconvénients énormes qu’elle allait engendrer. D’ailleurs, ils le regrettèrent après coup, et surent par l’expérience ce que les textes mettaient en garde depuis le début. »[4]
Puis, il explique qu’en résumé, nous pouvons recenser quatre raisons à travers l’Histoire ayant poussé certains savants à l’erreur dans ce domaine.
- Certains d’entre eux n’avaient tout bonnement pas eu accès aux textes.
- D’autres remettaient en question leur authenticité.
- D’autres, à l’image d’ibn Hazm, pensaient qu’ils étaient abrogés.
- D’autres les interprétaient à leur façon, comme tout mujtahid.[5]
Comme à son accoutumé, ibn Taïmiya se lance dans une analyse extraordinaire dans laquelle il dessine le portrait des « chiens de l’Enfer ». En voici un passage : « Il n’est pas pertinent qu’il fut légiféré de les combattre, juste parce qu’ils tuent les gens, comme on repousse des agresseurs (bandits de grand chemin, etc.), ou de simples insurgés (bughât). Le but, en effet en combattant les seconds, c’est d’éradiquer leur mal, de disloquer leur groupe, et de les ramener à l’ordre. Il n’est donc pas légiféré de les tuer où qu’ils se trouvent, ni de les exterminer jusqu'au dernier comme le peuple de Hâd ; ils ne sont pas non plus les pires des hommes qui sont sous la voûte céleste, et il ne fut pas légiférer de les combattre sans condition, mais en dernière instance. Il y a donc une autre raison qui se cache derrière l’obligation de combattre les kharjites. Ils sont en effet les plus prompts à sortir de la religion à cause de l’excès qu’ils font, comme nous l’informe le hadîth d’Alî : « Mais, ils sortiront plus vite de la religion que la flèche transperce sa proie. Où que vous les trouviez, tuez-les. »[6] Ainsi, si on les tue, c’est parce qu’ils sortent de la religion…
(…) Ainsi, nous les tuons en raison de leur caractéristique qui est de sortir de la religion (et qui est présente aussi bien chez l’un que chez un grand nombre d’entre eux), non parce qu’ils s’insurgent et prennent les armes contre les musulmans.
S’il est vrai qu’Alî (t) ne les a pas combattu dès leur émergence, mais c’est uniquement, car il ne savait pas à qui il avait à faire. Il a fallu qu’ils mettent un terme à la vie d’ibn Khubbâb, et qu’ils sèment le pillage pour qu’il comprenne qu’il s’agissait de ceux dont fait allusion le hadîth : « Ils tuent les adeptes de l’Islam et épargnent les païens. »[7] Il a su dès lors qu’ils étaient les fameux kharijites.
L’autre raison qui l’a empêché de les tuer, avant qu’ils ne fassent couler le sang, c’est que leurs tribus auraient pu, par chauvinisme, quitter les rangs d’Alî (t)… »[8]
Dans sa harangue guerrière qui visait à convaincre ses concitoyens de monter une armée contre l’envahisseur tatar, il fustige : « Ces gens-là, aux yeux des grands spécialistes, ne sont pas à mettre au même rang que les insurgés (bughât) que se rebellent contre l’Imam en place, ou qui sortent de son obéissance, comme ce fut le cas des habitants du Shâm qui sortirent de l’autorité d’Alî ibn Abî Tâlib (t) ; non, les bughât se contentent de se rebeller contre l’autorité de tel gouverneur, voire de le renverser. Quant aux tatars, ils sont sortis de l’Islam, à la manière des rebelles qui refusent de verser la zakât, et des kharijites qu’Alî réprima. Ce dernier n’avait pas la même approche en fonction de l’armée qu’il avait en face de lui ; sur un front, il avait pour adversaire l’armée du Shâm et de Basra et sur l’autre front, les révoltés de Nahrawân. Avec les premiers, ils se comportaient comme un frère qui s’était disputé avec son frère, mais il avait un autre comportement avec les kharijites. »[9] Il explique ensuite que conformément aux textes prophétiques, les Compagnons s’entendirent finalement à l’unanimité à combattre sous les ordres d’Abû Bakr, les rebelles à la zakât, et, plus tard, les kharijites. En revanche, bien que les textes en parlent, la querelle qui opposa le troisième khalife à la Syrie ne fit pas consensus chez les Compagnons et leurs successeurs.[10]
Les grands hommes qui ont participé aux troubles sont excusables en raison de leur effort d’interprétation
« Parmi les éléments en relation avec ce point : nous devons savoir qu’un grand homme au niveau du savoir et de la piété, parmi les Compagnons, leurs successeurs, et tous ceux qui viendront après eux jusqu’à la fin du monde, qu’ils soient d’ahl el Baït ou non, peut très bien faire un effort d’interprétation basé sur des conjectures, voire des passions subtiles qui auront de mauvaises conséquences. Il ne convient pas de le suivre sur son erreur, bien qu’au même moment, il compte parmi les pieux et les élus de Dieu.
Malheureusement, ce genre d’erreur perturbe deux catégories d’individus :
- Ceux qui l’encensent, et qui veulent absolument lui donner raison et le suivre dans son erreur.
- Ceux qui le condamnent et qui remettent en question à cause de cette erreur sa piété et son statut de wali. Ils font jusqu’à douter de sa crédibilité et qu’il soit des habitants du Paradis.
Or, ces deux voies opposées sont aussi égarées l’une que l’autre. »[11]
Les intentions cachées des kharijites
Ibn Taïmiya analyse : « l’innovateur restera toujours attaché à ses passions et il en portera toujours l’étendard. Ces motivations n’ont rien à voir avec la religion. Il est prêt en effet à aller contre la vérité qui n’arrange pas ses penchants. Allah le punit à cause de ses mauvais penchants. Il mérite d’être puni sur terre, mais aussi dans l’au-delà. C'est pourquoi certains anciens considéraient les innovateurs à l’image des kharijitescomme des pervers. Il est rapporté que Sa’d ibn Abî Waqqâs utilisa contre eux le Verset suivant : [et il en égare beaucoup, mais seuls les pervers peuvent s’en égarer •Ceux qui délient le pacte d’Allah après l’avoir noué, qui coupent les liens qu’Allah a ordonné d’entretenir, et qui sèment la corruption sur terre ; ceux-là sont vraiment les perdants].[12]Il est possible en effet que ce soit réellement son intention. Surtout en période de division où il profite du chaos pour rechercher le pouvoir et encourager les siens. »[13]
Le djihâd sur le sentier de Satan !
Ibn Taïmiya fait la distinction entre le djihâd légitime (sunnî) et le djihâd illégitime (bid’î) : « Les textes du Coran et de la sunna ordonnent le djihâd dans de multiples endroits, et vantent ses vertus. Néanmoins, il incombe de distinguer entre le djihâdlégal qui fut légitimé par Allah et Son Messager, et le djihâd hérétique qui est fomenté par des égarés soumis à l’étendard de Satan. Ces derniers sont pourtant convaincus qu’ils brandissent l’étendard d’Allah. Dans cet ensemble, nous pouvons compter les innovateurs, à l’instar des kharijites, qui s’attaquent aux musulmans, et à des hommes qui sont bien plus fidèles qu’eux à Allah et à Son Messager, parmi notamment les précurseurs et leurs fidèles successeurs qui se perpétueront jusqu’à la fin du monde. Ils avaient bien pris les armes contre ‘Alî qui étaient en grand conflit avec Mu’âwiya.
D’après un hadîth authentique, selon Abû Sa’îd, le Prophète (r)prédit en parlant des kharijites : « Un groupe dissident va se rebeller à la suite d’un conflit entre musulmans. Le camp qui sera le plus proche de la vérité se chargera de les réprimer. »[14] Ce camp en question est celui d’Alî qui était plus proche de la vérité que le camp de Mu’âwiya. Ces fameux rebelles prétendaient qu’ils faisaient le djihâd sur le sentier d’Allah contre les ennemis de la religion. »[15]
Peut-on dénoncer les semeurs de troubles ?
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne : « Quiconque cache un criminel (rebelle, voleur, meurtrier, etc.) qui est passible d’une peine corporelle pour infraction religieuse ou pour lui appliquer la loi du talion (injustice envers un tiers), ou qui fait obstacle à sa capture sans user de la force, devient son complice, et encours la malédiction d’Allah et de Son Messager. D’après Muslim, en effet dans son recueil e-sahîh, selon ‘Alî ibn Abî Tâlib, le Messager d’Allah (r) a dit : « Allah maudit celui qui crée un évènement, et celui qui le réfugie… » Si on vient à capturer celui qui cache ce fugitif, on lui somme de le ramener sur le champ ou de dévoiler sa cachette ; et s’il refuse de le dénoncer, on lui inflige une peine de prison et une peine de « bâton » à intervalle régulier jusqu’à ce qu’il parle. Nous avons évoqué auparavant que toute personne qui refuse de verser « l’impôt » légal est passible d’une punition. Tout fugitif ou tout bien matériel qu’on tient caché est un délit passible d’une peine si on refuse de parler.
Ainsi, si quelqu’un est au courant de l’endroit où sont cachés soit une richesse que l’État est en droit de réclamer ou un fugitif qui est entré dans l’illégalité, il a le devoir de le dévoiler aux autorités et d’indiquer la cachette en question. Il est strictement interdit de garder le silence, car on entame ainsi le devoir d’entraide à la piété et au bien. En revanche, si l’État n’a aucune légitimité sur cet argent et si le fugitif en question est un innocent, il n’est pas permis de les indiquer, car relevant de l’entraide à l’impiété et à l’injustice. Dans ce cas, il incombe même de le défendre, car l’Islam nous enjoint de défendre la victime d’une injustice. »[16]
Wa Allah a’lam !
Par : Karim Zentici
[1] Minhâj e-sunna (5/153).
[2]Rapporté par Muslim (1065).
[3]El fatâwâ el kubrâ (4/283-285).
[4] Minhâj e-sunna (4/538).
[5] Minhâj e-sunna (4/538).
[6]Rapporté par el Bukhârî (5057) et Muslim (1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
[7]Rapporté par el Bukhârî (3344) et Muslim (1064), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t)
[8]E-sârim el maslûl (2/347).
[9]Majmû’ el fatâwâ (28/503).
[10]Idem. Cette dernière partie est un peu obscure, ce qui rend la traduction quelque peu aléatoire.
[11]Minhâj e-sunna (4/543).
[12]La vache ; 26-27
[13]Minhâj e-sunna (5/250).
[14]Rapporté par Muslim (1065).
[15]E-radd ‘alâ el Akhnâî (p. 205).
Les musulmans se font tuer
et vous, vous appelez au Tawhîd
par sheikh Salih al fawzan
Question:
Il y a des gens qui disent: "Les musulmans se font tuer et vous, vous appelez au Tawhîd. Les gens aujourd'hui sont pour la plupart soumis à Allah! [Ndt:
Musulmans]"
Réponse de Sheykh Sâlih Al-Fawzân (Hafidhahoullah):
Ils n'ont été tués, uniquement, qu'à cause de leur négligence du Tawhîd. Et s'ils avaient été droits sur le Tawhîd, Allah -Azza wa Jall- les aurait certes
secourus.
La plus grande cause que les musulmans se font tuer est la présence du Shirk et le manque d’intérêt porté au Tawhîd...
Traduction: www.sounnah-publication.com
Source: At-Tawhîd, yâ 'Ibâda Allah de Sheykh Sâlih Al Fawzân, page 44
le Jihad à notre époque
selon les grands savants
بسم الله الرحمان الرحيم و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين نبينا محمد عليه أفضل الصلاة و التسليم و على اله و صحبه أجمعين أما بعد:
حياكم الله في طاعته أيها الإخوة الكرام عساكم بخير في هذا المنتدى المبارك السلفية باللغة الفرنسية
Cheres freres en Allah le digne de louange, je t'écris ce post en éspèrant qu'il te sera profitable,il apparait que beaucoup parmis nos freres se posent la quéstion du jugement religieux concernant le djihed a notre époque ,se posent la question: est-il permis de partir dans les pays musulmans opprimés par les mécreants ,pour combattre dans le sentier d 'Allah le repentent ,voici donc les paroles et fatawas de nos grands savants sur ce sujet :
قال فضيلة الشيخ محمد ناصر الدين الألباني رحمه الله
Son éminence le chikh Muhammed Nacir al dine al Albanie (qu' Allah lui fasse miséricorde) a dit :
أنا أقول اليوم ما يمثل الحقيقة الإسلامية وليس الحقيقة التي يريدها بعض المسلمين المتحمسين . أقول :
اليوم لا جهاد في الأرض الإسلامية إطلاقا........الخ
http://www.fatwa1.com/anti-erhab/Jehad/index.html
حـكـم الـجـهـاد فـي هـذا العـصـر - شبكة سحاب السلفية
je dis ,aujourdhui ce qui représente la réealitée islamique et non pas la réealitée que veulent certains musulmans passionnés . Je dis ,aujourd'hui il n'y a pas de djihad en terre islamique, ceci de maniere absolue......ect.
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قال فضيلة الشيخ اللحيدان حفظه الله
Son éminence le chikh al Luhaydane a dit :
يقول السائل : هل يوجد في هذا الزمان في العالم جهاد إسلامي وجزاكم الله خيرا ؟
الجواب : يوجد جهاد النفس وجهاد المنافقين بالرّد عليهم وبيان نفاقهم ومن قدر أن ينصر المظلومين في الشيشان أو غيرها بالمال فليفعل .
http://www.fatwa1.com/anti-erhab/Jehad/index.html
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Le questionneur dit :
Est ce qu'il y a, a cette époque , dans le monde, un djihad islamique
(qu'Allah vous récompense en bien )?
La réponse:
Il éxiste le djihed contre soi-meme et le djihed contre les hypocrites par la replique et par l'eclaircissement de leur hypocrisie, quant a celui qui a la capacitée d'assister les opprimés en Tchetchenie et autres par l'argent, qu'il le fasse.
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قال فضيلة الشيخ محمد بن صالح العثيمين رحمه الله
Son éminence le chikh Muhammed fils de Salih al 'Uthaymine (qu'Allah lui fasse misericorde ) a dit :
إنه في عصرنا الحاضر يتعذر القيام بالجهاد في سبيل الله بالسيف و نحوه , لضعف المسلمين ماديا و معنويا و عدم إتيانهم بأسباب النصر الحقيقية , ولأجل دخولهم في المواثيق و العهود الدولية , فلم يبق إلا الجهاد بالدعوة إلى الله على بصيرة.
المصدر : مجموع فتاوى ابن عثيمين رحمه الله 18/388
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Il est a notre époque impossible d'accomplir le djihed dans le sentier d 'Allah par l'épée et tous ce qui est semblable a ceci , a cause de la faiblesse des musumlans matériellement et moralement et par le fait de ne pas pouvoir apporter les causes de victoire réel et cela égallement a cause de leur participations dans des contrats et promèsses international, il ne reste plus que le djihed de l 'appel a Allah avec clairvoyance.
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جواب سماحة الشيخ عبد العزيز ابن باز ـ رحمه الله
Réponse de sa bienveillance le chikh 'Abd al 'Aziz fils de Baz (qu'Allah lui fasse miséricorde)
سؤال : اننى احب الجهاد وقد امتزج حبه فى قلبى . ولا استطيع ان اصبر عنه , وقد استاذنت والدتى فلم توافق , ولذا تاثرت كثيرا ولا استطيع ان ابتعد عن الجهاد . سماحة الشيخ :ان امنيتى فى الحياة هى الجهاد فى سبيل الله وان اقتل فى سبيله وامى لا توافق . دلنى جزاك الله خيرا على الطريق المناسب ؟
ـ الجواب : جهادك فى امك جهاد عظيم , الزم امك واحسن اليها , الا اذا امرك ولى الامر بالجهاد فبادر ,لقول النبى صلى الله عليه وسلم : " واذا استنفرتم فانفروا " رواه البخارى .
ومادام وليى الامر لم يأمرك فاحسن الى امك , وارحمها..........الخ
المصدر : فتاوى الأ ئمة فى النوازل المدلهمة
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La quéstion :
Certes, j'aime le djihed et son amour s'est melé dans mon coeur et je ne peut pas patienter sans lui et j'ai certe demandais l'autorisation a ma mere mais elle n'a pas accépté, c' est pour cela que j'ai beaucoup étè ému et je ne peut pas m'éloigner du djihed.
Sa bienveillence le chikh, j'ai pour voeu dans cette vie le djihed dans le sentier d 'Allah et que je soie tuer dans son sentier et ma mére n'est pas d'accord.
Indique-moi le chemin qui correspond (qu'Allah vous récompense en bien).
La réponse:
Ton djihed envers t'as mére est un énorme djihed, reste avec ta mére , sois bienfesant envers elle ,empresse-toi pour le djihed seulement si le detenteur du pouvoir t'ordonne de partir, a cela la parole du prophete صلى الله عليه وسلم
"si vous étes appelés au combat empréssez-vous " rapporté par al bukhari .
Mais temp que le détenteur du pouvoir ne te l'a pas ordonné , sois bienfesant envers t'as mére et fait lui preuve de misèricorde .....ect
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كلام الشيخ محمد بن رمزان الهاجري حفظه الله
Parole du chikh Muhammed fils de Ramzane Alhadjiri
إن المشاركات في أي عمل جهادي يجب أن تكون تحت علم ولي الأمر الذي له في الأعناق بيعة والالتحاق بغير أذنه بأي جهة يعتبر خلعاً للبيعة ولو مات لكان موته ميتة جاهلية.........الخ
(شعرجر يدة الريا ض) - شبكة سحاب السلفية
Toutes participations en rapport avec n'importe qu'elle action de combat (djihedi) il est obligatoire qu'elle soit faite avec la connaissance du detenteur du pouvoir qui possede autour du cou la reconaissance comme etant chef et l'affiliation(au djihed) sans son autorisation ,qu'elle que soit la direction est considèrée comme une annulation de sa reconaissance et si il meurt sa mort est semblable a celle de l'époque prèislamique (djahiliyyat).....ect
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مفتي السعودية العام الشيخ عبد العزيز بن عبد الله ال الشيخ
Le mufti saoudien, le chikh 'Abd al 'Aziz fils 'Abd Allah al Alchikh
"الشبان السعوديون الذين يغادرون بلادهم قاصدين الجهاد في سبيل الله (...) لم يبلغوا في العلم مبلغا يميزون به بين الحق والباطل".
Les jeunes,qui quittent leurs pays dans le but du djihed dans le sentier d'Allah (....)ils n'ont certes pas atteint un degré qui leur permet de distinguer entre le vrai et le faux .
"سبق أن حذرنا، وحذر غيرنا، من الذهاب للخارج بهذه الحجة، لأن الأوضاع كانت مضطربة، والأحوال ملتبسة، والرايات غير واضحة. وقد ترتب على عصيان هؤلاء الشباب لولاتهم ولعلمائهم وخروجهم لما يسمى بالجهاد في الخارج مفاسد عظيمة عصيان ولي أمرهم، والافتيات عليه، وهذا كبيرة من كبائر الذنوب يقول النبي صلى الله عليه وسلم "من أطاع الأمير فقد أطاعني ، ومن عصى الأمير فقد عصان
http://www.alarabiya.net/articles/2007/10/01/39821.html
شبكة سحاب السلفية
Avant cela, nous avions mient en garde ainsi que d'autres contre le faite de partir a l'exterieur(du pays) pour cette raison (le djihed) car la situation etait confuse et ambigue et les étendards pas clair et le résultat de la dèsobeissance de ces jeunes-la a leurs gouverneurs et savants et égallement leurs sorties qui se fait appeler "le djihed a l'éxterieur " est un grand mal, et la désobeissance a leurs gouverneurs et les decrets religieux en leur faveur est un péché parmis les grands péchés, le prophete صلى الله عليه وسلم dit:
"Celui qui obei au gouverneur (musulman) m'a certenement obei et celui qui desobei au gouverneur m'as certes desobei".
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سلسلة فتاوى العلامة الشيخ صالح بن فوزان الفوزان حفظه الله
Série de dècrets religieux(fatawas) du savant le chikh Salih fils de Fawzen al Fawzen (qu'Allah le preserve).
س1:يذهب بعض الشباب في هذه الايام إلى الجهاد في مناطق متفرقة و يرون أن ذلك فرض عين و ذلك بإفتاء بعض طلاب العلم لهم فهل فعلهم هذا صحيح؟
الجواب: لا يجوز لهم أن يذهبوا إلا بإذن الإمام لأنهم رعية و الرعية لا بد أن تطيع الإمام فإذا أذن لهم يبقى أيضا رضى الوالدين فلا يذهب إلا برضى والديه لأنه (( جاء رجل إلى النبي صلى الله عليه و سلم فاستأذنه في الجهاد فقال: أحي والداك؟ قال: نعم. قال: ففيهما فجاهد ))* فأرجعه إلى والديه فدل على أنه لابد إذن الوالدين بعد إذن ولي الامر.
Question numero 1:
Ces jours-ci quelques jeunes partent au djihed vers differentes regions
et ont comme avis que ceci est une obligation individuelle, ceci avec le decret religieux de certains etudiant en science en leur faveur , est-ce que leur action est juste?
La réponse:
il ne leur est pas permis de partir (au djihed) ormis si il ya l'autorisation de l'imam(gouverneur) car ils sont certes gouvernés et le gouverné doit obeir a l'imam et si il leur autorise le djihed il réste égallement l 'accord des parents et il ne part pas ormis avec l'accord des ses parents,car "un homme est venu au messagé صلى الله عليه وسلم et lui a demendé l'autorisation pour aller au djihed et il dit: est-ce que t'es parents sont encore en vie? il dit: oui puis il dit صلى الله عليه وسلم : fait ton djihed envers eux ."
il صلى الله عليه وسلم l'a renvoyé vers ses parents ceci indique qu'il faut l'autorisation des parents après l'autorisation du gouverneur(musulman).
س2 :أيهما أعظم جهاد العلم أم جهاد السيف؟
الجواب: جهاد العلم أولا فلابد أن الانسان يتعلم ما يستقيم به دينه (( فاعلم أنه لا إله إلا الله و استغفر لذنبك و للمؤمنين و المؤمنات و الله يعلم متقلبكم و مثواكم )) محمد 19 .بدأ بالعلم قبل القول و العمل العلم أولا ثم يكون الجهاد حتى يكون جهاده على علم و على بصيرة و لا يكون على جهل على خطأ.
question numero 2:
Quel est le plus considerable, le djihed par la science ou le djihed par l'épée?
la réponse:
Premièrement, le djihed par la science et il faut que la personne apprenne ce qui va le pousser a la droiture dans sa religion, le Trés Haut dit au sens rapproché: ""Sache donc qu'en vérité , il n'ya point de divinité a part Allah ,et implore le pardon pour ton péché , ainsi que pour les croyants et les croyantes .Allah connait vos activités (sur terre) et votre lieu de repos( dans l'au-dela)"".muhammed verset 19.
il a commencé par la science avant la parole et avant l'action, donc la science premièrement, ensuite vient l'action et parmis celle-ci le djihed et ceci jusqu'a ce que son djihed soit fait avec science et clairvoyance et non pas avec ignorance et erreur.
س3 :في هذه الأيام هناك من يفتي الناس بوجوب الجهاد و يقول لا يشترط للجهاد إمام و لا راية فما رأي فضيلتكم في هذا الكلام؟
الجواب: هذا رأي الخوارج أما أهل السنة فيقولون: لابد من راية و لابد من إمام هذا منهج المسلمين من عهد رسول الله صلى الله عليه و سلم فالذي يفتي بانه لا إمام و لا راية و كل يتبع هواه هذا رأي الخوارج.
Question numéro 3:
Ces jours-ci , il ya une personne qui donne comme decret religieux (fatawa) aux gens l'obligation du djihed et il dit :"le djihed n'a pas pour condition avoir un imam et un étendard" , quel est votre avis concernant cette parole?
la reponse:
ceci est l'avis des khawaridjs quant aux gens de la sunnat ils disent :
il faut avoir un étendard et un imam(gouverneur musulman).
Ceci est la voie des musulmans de l'époque du méssager d'Allah صلى الله عليه وسلم quant a celui qui donne comme decret religieux pas besoin d'un imam et d'un étendard et chacun suit ses passions ceci est l'avis des khawaridjs.
س4 :هناك من يقول: إن ولاة الامر و العلماء في هذه البلاد قد عطلوا الجهاد و هذا الامر كفر بالله فما رأيكم في كلامه؟
الجواب: هذا كلام جاهل يدل على أنه ما عنده بصيرة و لا علم و أنه يكفر الناس و هذا رأي الخوارج هم يدورون على رأي الخوارج و المعتزلة نسأل الله العافية لكن ما نسىء الظن بهم نقول هؤلاء جهال يجب عليهم أن يتعلموا قبل أن يتكلموا أما إن كان عندهم علم و يقولون بهذا القول فهذا رأي الخوارج و أهل الضلال.
Question numéro 4:
il ya celui qui dit : certes, les détenteurs du pouvoir et les savants ont dans ces pays-là ,annéantient le djihed et ceci est une mécreance en Allah quel est votre avis sur cette parole?
La réponse:
Ceci est une parole sans science qui indique qu'il ne possède pas de clairvoyance et science et qu'il rend mécreant les gens.Ceci est l'avis des Khawaridjs , ceux-là tournent autour de l'avis des Khawaridjs et des mu'tazilats , par contre ont n'a pas le mauvais soupcon envers eux donc nous disons ceux-là sont des ignorants ,il leur est obligatoire d'apprendre avant de parler par contre s'ils ont de la science et ils disent cette parole alors ceci est l'avis des Khawaridjs et des gens de l'égarement .
س5 : قام فضيلتكم بتقريض لكتاب بعنوان رسالة الإرشاد إلى بيان الحق في حكم الجهاد فهل تنصح بقراءة هذا الكتاب لفضيلة الشيخ احمد النجمي؟
الجواب: نعم الكتاب رد على بعض المنتسبين إلى العلم الذين يقولون يجب على الناس أن يذهبوا و يجاهدوا و لو لم يرض والدوهم فالشيخ احمد رد عليه و بين أغلاطه في هذه المسألة فهو كتاب جيد.
Question numero 5:
Son éminence,vous avaient fait l'éloge du livre qui s'intitule "l'orientation vers l'éclaircissement de la véritée sur le jugement du djihed" , est-ce que tu conseille ce livre écrit par le le noble chikh ahmad al nadjmy?
Réponse:
oui , le livre est une réplique contre certains qui s'afillient a la science et qui disent il est obligatoire aux gens de partir et de faire le djihed meme si ses parents ne sont pas d'accord, le chikh ahmad as répliqué contre lui et a éclairci ses erreurs dans ce sujet et c'est un bon livre.
س6 :هل يجوز الخروج للجهاد بدون إذن ولي الأمر مع وجود رضا الوالدين؟
الجواب: الجهاد مع من؟
و من هو الإمام الذي تريد أن تجاهد تحت رايته؟
و أيضا الدول بينها معاهدات فلابد أنك تأخذ إذن الإمام بالخروج لتلك الدولة المسائل لها اصول ماهي فوضى فإذا أذن لك ولي الأمر و أذن لك والداك و عندك استطاعة فلابأس.
Quéstion numero 6:
est-ce permis de partir au djihed sans autorisation du gouverneur mais avec l'autorisation des parents ?
La réponse:
Le djihed avec qui ?
et qui est l' imam avec qui tu veut combattre sous son étendard et de plus les pays ont entre eux des pactes il t'es obligé d'avoir l'autorisation du gouverneur pour aller des ces pays , ces sujets ont des fondements et ils ne sont pas désordonnéset si le gouverneur t'as autorisé de meme que t'es parents et que tu as la capacité alors il ya pas de mal.
7 : ماهي شروط الجهاد و هل هي متوفرة الان؟
الجواب: شروط الجهاد معلومة.
أن يكون بالمسلمين قوة يستطيعون على أن يجاهدوا الكفار عندهم قوة و عندهم إمكانية يستطيعون بها قتال الكفار لابد من هذا.
أما إذا كان ما عندهم إمكانية و لا عندهم قوة فإنهم لا جهاد عليهم و الرسول صلى الله عليه و سلم و أصحابه كانوا في مكة قبل الهجرة ماشرع عليهم الجهاد لأنهم لا يستطيعون و كذلك لابد أن يكون الجهاد تحت قيادة مسلمة و بأمر ولي الأمر لأنه من صلاحيات ولي الأمر المسلمين هو الذي يأمر به و ينظمه و يتولاه و يشرف عليه من صلاحيات و لي الأمر ماهو من صلاحيات كل واحد او كل جماعة تذهب او تغزو بدون إذن ولي الأمر.
Quéstion numéro 7:
quelles sont les conditions du djihed et sont-elles présentes aujourd'hui?
La réponse:
Les conditions du djihed sont connues , que les musulmans ont une force afin qu'ils puissent combattre contre les mécrèants, qu'ils possèdent une force et la possibillité et qu'ils puissent par ces 2 points-ci combattre les mécrèants, parcontre s'ils ne possèdent pas la possibilité et la force ,il n'ya pas de djihed pour eux .Le messager صلى الله عليه وسلم et ses compagnons étaient a Mékkat avant la hidjrat or le djihed ne leur a pas été légiféré car il ne pouvaient pas combattre et également ,il faut que le djihed soit sous une diréction musulmane et avec l'ordre du détenteur du pouvoir car ceci est de l'ordre du gouverneur des musulmans, c'est lui qui donne l'ordre ,qui met de l'ordre ,qui prend sa résponsabilité et qui le controle, donc ceci est de l'ordre du gouverneur et non pas de l'ordre de chaque personne ou tous groupes qui partent ou qui font la guerre sans autorisation du gouverneur .
8:هل من جاهد بدون إذن ولي الأمر ثم قتل فهل يكون شهيدا أم لا؟
الجواب: يكون غير مأذون له في هذا القتال فلا يكون قتاله شرعيا و لا يظهر لي أن يكون شهيدا.
Quéstion numéro 8:
Est-ce que celui qui fait le djihed sans autorisation du gouverneur puis est tué, est-il martyr ou pas?
La réponse:
il ne lui est pas autorisé d'aller a ce combat donc son combat n'est pas légiféré et il ne m'apparait pas qu'il soit martyr.
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* رواه البخاري و مسلم من حديث عبد الله ابن عمر رضي الله عنهما
rapporté par al bukhari wa muslim du recit de 'abd allah fils de 'umar رضي الله عنهما
مصدرهذه الفتاوى من رسالة الشيخ صالح بن فوزان الفوزان(الجهاد و ضوابطه الشرعية)
الناقل والمترجم الى اللغة الفرنسية : محمد صلاح السلفي
La référence de ces fatawas je les extraits du livre du chikh Salih fils de Fawzen al Fawzen intitulé الجهاد و ضوابطه الشرعية
traducteur: mohamed salah al salafi le ,11.06.11
prochainement , j'éssayerai de traduire dans ce meme post par la volonté d'Allah un ouvrage sur le djihed et ses régles afin que ce sujet soit clair come de l'eau de roche chez mes freres en allah.
وصلى الله و سلم على سيدنا محمد و على اله و صحبه اجمعين و السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
Pourquoi l'Arabie est-elle
Prise pour Cible ?
par sheikh Salih al Fawzan
Question :
Il y a des chaînes de télévision et des sites web qui incitent les gens à être désobéissants envers le dirigeant de ce pays (l'Arabie Saoudite) et à ne pas lui prêter serment d'allégeance. Que dites-vous à propos de ceux qui ont été égarés par ces menteurs et ont coopéré avec eux ?
Réponse de Cheikh Al-Fawzān (qu'Allāh le préserve) :
Oui, ce pays est à la fois assiégé et une cible, parce qu'il est le seul pays restant à être sur la méthodologie (Manhaj) des Salaf as-Sālih. Ce pays est exempt de chaos, de révolutions et de perpétrateurs de coups d'état. Ce pays est plein de sûreté, de sécurité et (plein de) de la méthodologie des Salaf as-Sālih. Ils veulent éteindre ces qualités et en faire un pays de chaos et de désordre. Ils souhaitent que le meurtre et la mort se produisent dans ce pays tout comme cela s'est produit dans d'autres pays. Nous devons à la fois les mettre en garde, et mettre en garde contre eux. Ne les laisser pas vous attirer. N'amenons pas dans nos maisons ces chaînes à nos enfants, [sinon] ils regarderaient ces maux et ce chaos, et ils grandiraient avec cela (ces idées). Les habitations devraient être exemptes de ces chaînes et nous devrions aussi interdirent à nos enfants d'aller sur ces sites web (qui sont plein de destruction). Leurs parents sont responsables d'eux.
Source : Cassette « al-Hamalāt al-I’lāniyyah dhidd Hukkām wa ‘Ulamā' Bilād-il-Haramayn ».
http://aa.trinimuslims.com
La profusion du mal
d'Ibn Al-Jawzî
De l’œil de ma pensée, j’ai médité sur la terre et ses habitants, et j’ai pu voir que les régions désertes y sont plus nombreuses que les régions habitées. Puis, j’ai observé les contrées habitées et j’ai constaté que les mécréants en dominaient la plus grande partie, et que les adeptes de l’islam étaient moins nombreux sur terre en comparaison des mécréants. Puis, j’ai médité sur les musulmans, et j’ai constaté que les profits mondains avaient distrait la plupart d’entre eux de Celui qui pourvoit à la subsistance et les avait détournés de la science qui indique Son existence.
Le gouverneur est occupé par l’exercice du pouvoir et les plaisirs qui se présentent à lui : l’eau de ses désirs coule sans que l’on puisse l’endiguer. Personne n’ose lui adresser d’exhortation, mais au contraire on le couvre de compliments qui renforcent ses passions ! C’est pourtant en leur opposant leurs contraires qu’on lutte contre les maladies. ‘Umar Ibn Al-Muhâjir rapporte que ‘Umar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz lui a dit : « Lorsque tu me verras m’écarter de la vérité, attrape mes vêtements, secoue-moi et dis : qu’as-tu ‘Umar ? » ‘Umar Ibn Al-Khattâb a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à celui qui nous révèle nos défauts. » Et la personne qui a le plus besoin de conseils et d’exhortations est le gouverneur.
Quant à ses soldats, la plupart d’entre eux baignent dans l’ivresse des passions et la parure de ce bas monde, à quoi s’ajoutent la bêtise et l’absence de science. Aucune faute ne les fait souffrir et ils ne s’inquiètent pas de porter de la soie ou de boire de l’alcool, au point que certains ont pu dire : « Quoi ? Un soldat porterait du coton ? » De plus, ils prennent tout à l’envers, car l’injustice est pour eux une seconde nature !
Les bédouins sont, eux, plongés dans l’ignorance, de même les citadins. Combien ils ne cessent de vivre dans les impuretés et de négliger l’importance des prières ! La femme chez eux, peut même parfois, les accomplir assise !
Puis j’ai observé les commerçants et j’ai constaté qu’ils sont dominés par la convoitise, au point de ne considérer que les différents moyens d’obtenir des gains. L’usure s’est répandue dans leurs transactions et aucun d’eux ne cherche à savoir d’où lui viennent ces biens matériels ! Concernant la Zakat, ils sont négligents et ne sont pas gênés de la délaisser, sauf ceux qu’Allah préserve.
Puis, j’ai observé ceux qui perçoivent une pension, et j’ai constaté que la supercherie règne dans leurs transactions de même que la fraude et la volonté de léser autrui. Ils sont également plongés dans l’ignorance. J’ai constaté que la plupart de ceux qui ont un enfant lui confie une partie de ces choses afin de rechercher plus de gains, avant même que cet enfant ne connaisse ses devoirs [religieux] et ne reçoive une éducation.
Puis, j’ai observé les femmes, et j’ai constaté qu’elles ont peu de religion et beaucoup d’ignorance. Elles n’ont aucune connaissance sur l’au-delà, sauf celles qu’Allah préserve.
Je me suis alors dit : Comme c’est étonnant ! Qui reste-t-il donc pour adorer Allah et Le connaître? J’ai observé et j’ai vu les savants, les étudiants, les dévots et les ascètes.
J’ai médité sur la condition des dévots et ascètes, et j’ai constaté que la plupart d’entre eux voue des adorations sans science, qu’il leur plaît d’être révérés, de se voir embrasser la main et d’avoir de nombreux disciples, si bien que, lorsque l’un d’eux a besoin d’acheter quelque chose au marché, il s’en abstient pour que sa réputation n’en soit pas brisée ! Leur rang leur tient tellement à cœur qu’ils ne visitent pas le malade, n’assistent à aucunes funérailles, sauf lorsqu’il s’agit de quelqu’un d’important pour eux, ils ne se rendent pas visite, et plus encore, ils évitent même de se rencontrer : leur respectabilité est devenue telle une idole qu’ils adorent sans le savoir ! Certains se hasardent-ils à donner des avis religieux alors qu’ils critiquent les savants pour leur convoitise en ce bas monde, sans savoir que ce qui est blâmable en cette vie est la condition en laquelle ils se trouvent, et non le fait de consommer ce qui est permis !
Puis j’ai médité sur la condition des savants et étudiants, et j’ai constaté que les étudiants ne montrent que peu de signe d’excellence, car le signe de l’excellence consiste à rechercher la science et la mettre en pratique, alors que la plupart d’entre eux apprennent de la science ce qui sera pour eux un filet pour amasser des biens, soit pour faire main basse sur un poste de juge d’un lieu ou d’une région, soit ce qui est nécessaire pour se distinguer de ses semblables, puis se contenter de cela.
Puis, j’ai médité sur la condition des savants, et j’ai constaté que la plupart d’entre eux sont manipulés et utilisés par les passions. Ils vont vers ce dont la science les écarte et se livrent à ce qu’elle interdit. Ils ne trouvent quasiment aucun goût à la relation avec Allah, et leur seule préoccupation est de parler, voilà tout. Mais Allah ne videra pas la terre de toute personne qui exposera Ses preuves, réunira la foi et les œuvres, connaîtra les droits d’Allah et Le craindra. Cet homme sera le pôle de ce monde, et lorsqu’il mourra, Allah le remplacera par un autre semblable, et peut-être ne mourra-t-il pas avant d’avoir vu celui qui sera apte à le remplacer en toutes choses. La terre ne sera jamais totalement vide de ce genre d’homme qui remplit le rôle du prophète dans la Communauté [1]. Et celui que je décris ici, appliquera les fondements, sera attentif aux limites imposées, même s’il a peu de science ou que ses actes sont peu nombreux. Quant aux hommes parfaits dans tous les domaines, ils sont rares : il n’y en a qu’un seul pour une longue période.
J’ai analysé avec soin la condition de tous les pieux prédécesseurs, car je voulais en trouver un qui réunissait la science, au point d’atteindre le rang de l’Ijtihâd, et la mise en pratique, au point d’être un exemple pour les dévots. Je n’en ai pas trouvé plus de trois. Le premier est Al-Hasan Al-Basrî, le deuxième Sufyân At-Thawrî et le troisième Ahmad Ibn Hanbal. J’ai consacré un livre aux récits rapporté de chacun d’eux, et je ne désapprouve pas celui qui y ajoute Sa’îd Ibn Al-Musayyib [2].
Si, parmi les pieux prédécesseurs on trouve de grands hommes, la plupart étaient dominée par une chose au détriment d’une autre : la science chez l’un, les œuvres chez l’autre. Mais ceux que j’ai cités possédaient une science vaste et une grande part d’œuvre et de connaissance. Il ne faut pas désespérer de l’existence d’un homme qui suivra leurs traces, même s’ils gardent le mérite d’avoir été les premiers. Allah a révélé à Al-Khadir des choses qu’il avait cachées à Mûsâ, et les trésors d’Allah débordent et Ses dons ne se limitent pas à un seul individu.
On m’a raconté que Ibn ‘Aqîl [3] disait de lui-même : « J’ai navigué dans une barque qui a fait naufrage. » Mais c’est une erreur. Pourquoi cela ? Que de gens imbus d’eux-mêmes découvrent, à travers quelqu’un, un défaut qui les amène à se mépriser pour cela ! Et combien de gens apparus plus tard ont devancé d’autres apparus plus tôt ! Ainsi, on a dit :
Les nuits et les jours sont en gestation
Allah, seul, sait ce qu’ils vont mettre au monde
[1] Ibn Al-Qayyim dit dans Al-Manâr Al-Munîf que tous les hadiths qui font mention de ces hommes qui sont les axes, pivots, suppléants, renforts et piliers du monde sont faussement attribués au Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam).
[2] C’est une exagération, que dire de Abû Hanîfah, As-Shâfi’î, Mâlik, Al-Awzâ’î, Al-Layth Ibn Sa’d, cAbd Allah Ibn Al-Mubârak, Al-Bukhârî, Muslim, et beaucoup d’autres.
[3] Il est l’imam, l’éminent savant, l’océan de science, le maître du rite hanbalite Abû Al-Wafâ’ Muhammad Ibn ‘Aqîl Al-Baghdâdî (431-514H).
Source : Les Pensées Précieuses
Traduit et publié par les salafis de l’Est
Un repenti du takfir et de ceux
qui rendent mécréant les Savants...
Sheikh Saleh Ibn Muhammad Al Louhaydane
- hafidhahou Allah-
Question :
Ô Sheikh ! Je faisais partie de ceux qui ont été aveuglés par la compagnie de tous ceux qui ont commis et perpétraient des attaques terroristes ; et je faisais partie de ceux qui vous considérez comme mécréant ; cependant, et la louange est à Allah, je me désolidarise devant Allah de tout cela, en espérant également que vous allez me pardonner. Ô noble Sheikh, est-ce que les Khawaridj se reconnaissent-ils dans cette appellation ? Et est-ce que toute personne qui commet des actes de terrorisme et la destruction, fait partie des Khawaridj ? (Votre fils, Abu Muhammad).
Réponse :
Les Khawaridj, sont ceux chez qui on a vu immerger, à leur époque, l'idéologie et les actions qui consistent à rendre mécréant les musulmans dans leur ensemble, exception faite à ceux qui étaient avec eux. Et c’est la raison pour laquelle, Ils ont rendu mécréant ‘Ali Ibn Abi Taleb (qu’Allah soit satisfait de lui) ainsi que les compagnons qui étaient avec lui. Aussi, lorsque ‘Ali Ibn Abi Taleb (qu’Allah soit satisfait de lui) fut questionné à leur sujet, étaient-ils considérés comme des mécréant où pas ? Il a répondu : « de la mécréance, ils ont fui ». Certes, il ne les a pas rendus mécréant, mais il a montré qu’ils étaient d’un grand préjudice pour les gens et qu’ils commettent des abus.
Quant à l’acte de l’individu qui est similaire à celui des Khawaridj, ceci n’implique pas qu’il soit sur la même croyance qu’eux. Beaucoup d’actes peuvent se ressembler sans que pour autant la personne partage la même croyance qu’eux ; même s’il leur ressemble dans les actes.
Il ne fait aucun doute que les attaques terroristes qui ont été perpétrées autrefois dans ce pays et celles qui les ont précédées, représentent un égarement évident ; sachant que dans notre pays, les attaques terroristes ont fait leur apparition en 1966 (1386 H), voilà déjà une quarantaine d’année. L’injustice envers ce pays à débuté prématurément ; ainsi, tu ne trouveras aucune personne des gens de science parmi ceux qui sont véridiques dans leur savoir, capable de dire que ces attaques terroristes visent à se rapprocher d’Allah ; qu’elles sont un jihad dans le chemin d’Allah, ou au minimum un acte légitime, n’engendrant aucun péché ni aucun mal. Pourtant il s’agit là d’un égarement et d’une corruption qu’Allah à condamné dans le Saint Coran, ceux qui sèment le désordre et saccagent culture et bétail.
Nous demandons à Allah – Le Très Haut – de réformer tous ceux dont les cœurs sont imprégnés par ces choses-là et qu’Il les guide sur la voie droite ! Qu’Allah étende la réussite et la réforme dans cette communauté et dans toutes les autres communautés islamiques et qu’Il fasse revenir toute personne s’étant éloigné de la vérité et du bien, sur le droit chemin !
Quant au fait de commettre des assassinats et rendre mécréant autrui (Takfir), il ne fait aucun doute qu’il n’est pas autorisé au musulman de rendre mécréant un individu alors que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui dit à son frère musulman : Ô mécréant ! * » ; alors que ce n’est pas le cas, c’est lui qui sera considéré ainsi. Celui qui dit à son frère musulman : « Ô mécréant ! » ou « Ô ennemi d’Allah ! » et ce n’est pas le cas, cela se retournera contre lui, c'est-à-dire que cette parole s’appliquera sur celui qui la proféré.
En ce qui me concerne, j’accepte et je pardonne à tous ceux qui ont parlé sur moi en espérant, par cette démarche, la récompense d’Allah, car certes Allah dispose de beaucoup plus de chose que peut avoir le serviteur. Et j’aime ainsi être la cause de tout bienfaiteur afin qu’il accède à sa bonne action, comme je demande à Allah de guider chaque musulman de ce pays et de tous les autres pays islamiques sur la voie droite et comme je demande également à Allah – Le Très Haut - de faire en sorte que tout ce qui s’est déroulé dans ce pays, les sabotages et les attaques terroristes et les meurtres, marquent la fin de ces fitan dans ce royaume et qu'après ce genre d’incidents, suivent des jours plein de bénédiction et une fraternité réciproque et une entraide dans le bien et la taqwa ainsi qu’un repentir sincère émanant de tous et certes Allah est capable de toute chose.
[Fin des paroles du Sheikh]
* Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui dit à son frère musulman : Ô mécréant ! Elle reviendra sur l'un d'eux » [Rapporté par Al-Boukhari n°6103 et Mouslim n°6104]
Source : www.sahab.net
Sheikh Saleh Ibn Muhammad Al Louhaydane (hafidhahou Allah).
Traduction rapprochée : AbuKhadidja Al Djazairy
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