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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 10:47
L’obligation d’obéir aux gouverneurs dans ce qui est permis
Al-Imâm Muhyî ad-Dîn Abî Zakaria Yahya Ibn Charaf an-Nawawî
par Oummou Souleyman

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm
L’Imâm Muslim [m.261H] (rahimahullâh) a dit :
  • Chapitre :

« L’obligation d’obéir aux gouverneurs dans autre que la désobéissance (à Allâh) et l’interdiction de leur obéir dans la désobéissance »

Ahmad Ibn ’Abdur-Rahmân Ibn Wahb Ibn Muslim nous a rapporté, l’oncle de ’Abdullâh Ibn Wahb nous a rapporté, ’Amr Ibn ul-Harith nous a rapporté, Bukayr m’a rapporté d’après Busr Ibn Sa’îd, d’après Djunada Ibn ’Alî qui a dit :

« Nous sommes entrés chez ’Oubada Ibn us-Samit alors qu’il était malade. Alors nous dîmes : « informe-nous - qu’Allâh te guide - d’un hadîth dont Allâh nous donnera bénéfice que tu as entendu du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) »

Il dit :

« Le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) nous a appelés et pris de nous le pacte d’allégeance. Ainsi, ce qu’il pris de nous comme pacte fut d’écouter et d’obéir en tout ce dont nous étions satisfaits ou que nous n’aimions pas, et que lorsqu’il est montré préférence à une personne sur nous, de ne pas disputer avec ceux qui détiennent le pouvoir. » Et il dit : « Sauf si vous voyez une mécréance claire [kufrân bawâhan] sur laquelle vous avez une épreuve provenant d’Allâh. » [1]

L’Imâm an-Nawawî [m.676H] (rahimahullâh) a dit en explication de ce hadîth :

Sa parole (sallallahu ’alayhi wa sallam) : « Sauf si vous voyez une mécréance claire [kufrân bawâhan] sur laquelle vous avez une preuve provenant d’Allah » : « C’est ainsi qu’il est mentionné dans la majorité de ce qui est rapportés, et dans la majorité des manuscrits. « Bawâhan » est écrit avec un « waw ». Et dans certaines d’entre elles [des narrations], il est noté « barahan ».

Et la signification de chacun des deux est : Le koufr clair et apparent [kufr dhâhir]. Et la signification du mot « kufr » ici est la désobéissance. Et la signification de « sur laquelle vous avez une preuve provenant d’Allâh » est : ce que tu sais d’après la religion d’Allâh - Ta’âla. Et la signification du hadîth est : Ne t’oppose pas aux gouverneurs dans leur pouvoir, et ne les contredit pas sauf si tu vois de la mécréance qui est confirmée par ta science des principes fondamentaux de l’Islâm.

Si tu vois cela, alors oppose-toi à eux en cela, et dis la vérité où que tu sois. Quant au fait de se révolter contre eux et de les combattre, ceci est interdit [harâm] selon l’ijmâ’ [le consensus] des Musulmans, même s’ils sont des oppresseurs désobéissants, pervers [fâssiqîn]. Et il y a des ahadîth évidents comportant la signification de ce que j’ai mentionné. Et gens de « Ahl us-Sounnah wal-Djamâ’ah » se rejoignent sur le consensus que le gouverneur ne doit pas être évincé à cause de son « Fisq » [désobéissance, perversion].

Quant au point de vue mentionné dans certains livres de « Fiqh » [jurisprudence islamique], par nos compagnons, qu’ils devraient être évincés - et ceci a été également mentionné par les Mou’tazilah - et bien ceci est une erreur de la part de celui qui l’a dit et c’est une opposition à l’idjmâ’ [consensus].

Les savants [’Ulémas] ont dit que la raison pour ne pas l’évincer et l’interdiction de se révolter contre lui est en fait les fitân [tribulations, calamités, discorde, désordre] et la corruption qui apparaîtront à cause de cela. Ainsi, la corruption qui se produira du fait de l’évincer est plus grande que celle qui émanera du fait qu’il reste en place.

Al-Qadhî ’Iyâdh a dit :

« Il a un consensus des savants sur le fait que le pouvoir ne peut être donné à un mécréant. Et il a consensus sur le fait que si la mécréance le touche, alors il doit être évincé. Ainsi est le cas où il délaisse l’établissement de la prière et le fait d’y appeler ». Il dit : « Ainsi est le cas de la majorité d’entre eux en ce qui concerne les innovations ». Il dit encore : « Et certains des Basriyin dirent : « Il doit avoir le pouvoir, et continuer à l’appliquer car il est excusé ».

Al-Qadhî [’Iyâdh] dit :

« Donc s’il est pris par la mécréance [kufr] et change la Charî’ah, ou bien invente une innovation, il sort du pouvoir et l’obéissance envers lui est rendue nulle. Et il est obligatoire aux musulmans d’appliquer cela, de l’évincer et de le remplacer par un gouverneur juste s’ils ont la capacité de le faire. Et lorsque cela ne peut se produire, excepté par le biais d’un groupe de gens, il est obligatoire pour eux d’appliquer cela en évinçant le mécréant. Et cela n’est pas obligatoire concernant un innovateur, sauf s’ils pensent qu’ils ont la capacité de le faire.

Ainsi, une fois que l’incapacité [à faire cela] est confirmée, alors il n’est pas obligatoire de faire cela, et le musulman peut émigrer de cette partie de la terre vers une autre et fuire avec sa religion. » Il dit : « Et le pécheur désobéissant [fassîq] ne devrait pas avoir le pouvoir à la base, et ainsi, si le fisq touche le khâlifa, et bien certains d’entre eux ont dit : il est obligatoire de l’évincer tant qu’il ne se produit pas [en conséquence] de fitnah ou de guerre.

Et la majorité des « Ahl us-Sounnah » parmi les fuqaha [jurisconsulte], les mouhaddithîn [savant du hadîth] et les Ahl ul-Kallâm ont dit :

« Il ne doit pas être évincé à cause de sa désobéissance, de transgression ou de dénigrement de droits. Il ne doit pas être évincé et il n’est pas permis de se révolter contre lui à cause de cela. Plutôt, il est obligatoire de le conseiller et d’instiller en lui, la crainte, ceci dû aux ahâdîth qui ont été mentionnés sur ce sujet. »

Al-Qadhî dit :

« Abû Bakr Ibn Mudjâhid a cité un Idjmâ’ [consensus] sur cela, et certains ont essayé de le réfuter en utilisant l’argument de l’Ascension de Al-Hassan Ibn Zubeyr et des gens de Médine contre Banî Umayyah, et l’émergence d’un groupe parmi les prédécésseurs et la première génération contre Al-Hajjaj et Ibn ul-Ash’ath. Ainsi l’interlocuteur pourrait utiliser cela comme excuse en disant : nous ne nous opposons pas au commandement de ses gens en ce qui concerne les gouverneurs justes, mais la preuve est que la majorité qui s’est révolté contre Al-Hajjaj ne l’a pas fait juste à cause de son fisq, mais aussi parce qu’il changeait la Charî’ah et manifestait de la mécréance »

Al-Qadhî dit :

« Certes, ceci a été [dit] en résultat d’une divergence d’opinion en premier lieu, mais il s’est dégagé par la suite un idjmâ’ quant à l’interdiction de se révolter contre eux. Et Allâh est plus Savant. » [2]

Notes
[1] Rapporté par Al-Bukhârî - 13/192
[2] Tiré de troid.org - Voir : Kitâb « al-Minhâj Charh Sahîh Muslim » de L’Imâm An-Nawawî, vol-12 p.536

 

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